Après six ans de guerre dans un pays déchiré, un accord a été trouvé entre le président Salva Kiir et le chef rebelle, Riek Machar. Ils formeront un gouvernement d'union nationale dont Machar a été nommé vice-président. La paix peut-elle être pérenne au Soudan du Sud ? Analyse avec la chercheuse Emmanuelle Veuillet.

"Soudan du Sud : les frères ennemis prêts à former un gouvernement d’union nationale". Ici, le président sud-soudanais Salva Kiir (D) et le premier vice-président Riek Machar (G) lors de la cérémonie de son assermentation
"Soudan du Sud : les frères ennemis prêts à former un gouvernement d’union nationale". Ici, le président sud-soudanais Salva Kiir (D) et le premier vice-président Riek Machar (G) lors de la cérémonie de son assermentation © AFP / ALEX MCBRIDE

C'est le plus jeune pays du monde, qui a proclamé son indépendance en 2011, faisant sécession de la République du Soudan. C'est aussi une nation qui n'a connu presque que la guerre et la famine, puisqu'un conflit fratricide l'a déchirée dès décembre 2013. Le vice-président Riek Machar, limogé par Salva Kiir, avait alors revendiqué la présidence, sur fond de rivalité ethnique entre les Dinkas et les Nuers. Les affrontements s'étaient ensuite démultipliés.

Le conflit a été dévastateur pour le Soudan du Sud, en raison notamment de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité perpétrés contre les civils par les deux camps. Un épisode de famine s'est d'ailleurs déclaré en 2017 - non résolu aujourd'hui - aggravant encore les souffrances de la population. On estime ainsi le nombre de morts à plus de 350 000 personnes, outre les 4 millions de déplacés.

Rythmée de nombreux accords de paix, bafoués presque aussitôt qu'ils étaient adoptés, la guerre pourrait toucher à sa fin avec le gouvernement de coalition récemment nommé. Riek Machar a ainsi été intronisé vice-président le 22 février, à Juba, pour la troisième fois depuis 2011. 

« Je veux vous assurer que, pour le peuple du Soudan du Sud, nous allons travailler ensemble pour mettre fin à sa souffrance » Riek Machar, ex-rebelle et vice président

En l'espace des trois ans de transition démocratique qui s'annoncent, les défis sont immenses : endiguer la crise humanitaire, mettre au point une Constitution et redresser l'économie... C'est sans compter les risques de voir le pays sombrer, à nouveau, dans la violence, tant la paix semble fragile. Ce nouvel accord de paix pourrait-il solder six ans de guerre civile ? 

Avec nous pour en parler

Emmanuelle Veuillet est chercheuse en science politique, spécialiste du Soudan du Sud, doctorante à l'Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne. Elle est membre du programme ERC (programme du Conseil européen de la recherche) et du groupe de recherche Social Dynamics of Civil Wars.

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  • Emmanuelle VeuilletDoctorante en science politique à l'Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne
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