Alors que le Premier Ministre israélien vient d'être mis en examen pour des faits de corruption, quelques milliers de ses partisans ont défilé hier pour le soutenir face à ce « coup d'Etat ». Bibi est-il, décidément, indéboulonnable ? Analyse avec Piotr Smolar, ex-correspondant à Jérusalem pour Le Monde

Des partisans du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou brandissent des pancartes à son appui, Tel-Aviv, le 26 novembre 2019
Des partisans du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou brandissent des pancartes à son appui, Tel-Aviv, le 26 novembre 2019 © AFP / JACK GUEZ

« Non à la dictature judiciaire », « la démocratie vaincra » ... C'est à ces mots qu'ont défilé hier, dans les rues de Tel-Aviv, les sympathisants de Benyamin Netanyahu, lors d'une marche organisée par son parti, le Likoud. Ce dernier espérait une marée de partisans : avec seulement trois-mille manifestants, c'est un pari avorté. 

Face aux trois chefs d'inculpation qui pèsent sur Netanyahu - corruption, fraude et abus de confiance -, la population semble se détourner de son « Bibi » national. En Israël, c'est la première fois qu'un Premier Ministre en fonction se trouve face à la justice : il risque jusque 10 ans de prison.

Des circonstances qui aggravent encore l'impasse institutionnelle dans laquelle le pays est enlisé depuis le mois d'avril dernier. En effet, deux élections législatives successives n'ont pas permis à une vraie majorité de se dégager. Car si le Bleu et Blanc centriste de Benny Gantz est en tête à la Knesset, le parti n'a pas assez de voix pour former un gouvernement. En théorie, il lui faut composer avec le Likoud - mais Gantz refuse toute alliance tant que Netanyahu sera à sa tête... 

Or, ce dernier n'entend pas quitter le pouvoir, malgré une légitimité fragilisée dans et hors de son camp. En vertu de la Constitution, il n'a aucune obligation de démissionner de ses fonctions. Mais les cadres de son parti, très silencieux ces derniers jours, pourraient lui préférer un autre candidat à la tête du gouvernement pour, enfin, dégager une majorité à la Knesset.

Le pays se dirige-t-il vers une troisième élection générale en un an ? Le Premier Ministre pourrait-il, cette fois, tomber en disgrâce ? Avec nous pour en parler : Piotr Smolar, journaliste, ex-correspondant à Jérusalem pour Le Monde, et auteur aux éditions des Equateurs de Mauvais juif (2019).

  • Le bruit du monde est au Tchad, auprès de l'opposition politique. Un reportage de François-Xavier Freland

Dans le pays, la menace terroriste a servi de prétexte au pouvoir en place pour durcir ses positions autoritaires : certains parlent de « dictature ». Les ténors de l'opposition ont donc pris la décision d'organiser une grande marche de protestation - une démarche risquée.

Saleh Kebzabo, très populaire au Tchad, a été destitué par la Cour Suprême de son titre de chef de l'opposition ; Alhabo Ahmat, homme politique de gauche, est en résidence surveillée « pour sa sécurité » ... Une opposition vieillissante et démoralisée qui espère des élections législatives, sans cesse repoussées au nom de la menace représentée par Boko Haram.

  • Le Cinéma en VO revient sur L'Orphelinat, un film de la réalisatrice afghane Shahrbanoo Sadat.

A travers le parcours d'un jeune garçon, Qadratulah, L'Orphelinat peint une fresque du quotidien en Afghanistan dans les années 1980. Une histoire vraie, inspirée du journal intime d'un ami de la réalisatrice, et qui devrait se dérouler sur encore trois opus. 

Shahrbanoo Sadat fait partie d'une génération d'artistes conscients de la situation que traverse leur pays, mais qui restent plein d'espoir. Tourné avec des moyens et une liberté impossibles à obtenir en Afghanistan, le film n'en est pas moins en prise avec le réel, mettant en scène des acteurs non-professionnels et tous afghans.

  • La Chine se place en tête des représentations diplomatiques dans le monde. C'est le Monde à l'Envers de Franck Mathevon

D'après une étude très complète produite par l'institut Lowy, qui a étudié la situation de 61 pays, la Chine prend la première place et devance donc les Etats-Unis. Un résultat qui traduit bien les ambitions diplomatiques de Pékin, qui a fait une progression très rapide dans le classement depuis 2016. Les Chinois possèdent un nombre impressionnant de consulats dans le monde, sont de plus en plus présents à l'ONU. Et achètent parfois des liens diplomatiques avec certains pays, en proposant des investissements, en accordant des prêts.

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