Plus de 100 Birmans ont trouvé la mort au cours de manifestations ce week-end, le plus lourd bilan depuis le début du coup d'État militaire en février. Washington a annoncé de nouvelles sanctions contre la junte et un Conseil de sécurité doit se tenir mercredi à l'ONU.

Birmanie : la répression s'intensifie. Ici des manifestants se réfugiant derrière des barricades lors d’une manifestation contre le coup d’État militaire, Thaketa, Yangon, mars 2021
Birmanie : la répression s'intensifie. Ici des manifestants se réfugiant derrière des barricades lors d’une manifestation contre le coup d’État militaire, Thaketa, Yangon, mars 2021 © AFP / HANDOUT / FACEBOOK

Samedi dernier, la répression est encore montée d'un cran en Birmanie, où les manifestants continuent de s'opposer au coup d'État militaire. Alors que l'armée défilait à l'occasion de sa parade annuelle, plus de 100 personnes ont été tuées, portant à 440 le nombre de morts depuis le putsch du 1er février. Les opposants sont désormais moins nombreux dans les rues que lors des grandes manifestations pacifiques du mois dernier, en particulier à cause de la répression qui s'intensifie depuis quelques semaines. Si c'est la jeunesse qui est particulièrement active dans la rue, la grève générale est également toujours très suivie à travers tout le pays.

La communauté internationale n'a pas tardé à réagir à l'annonce de ces massacres. Dès dimanche, un communiqué de responsables militaires de douze pays démocratiques ont condamné l'usage "de forces létales contre des gens non armés". Washington a annoncé hier la suspension de l'accord-cadre sur le commerce et les investissements, conclu avec la Birmanie en 2013, jusqu'à ce qu'un gouvernement "démocratiquement élu" soit rétabli. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira quant à lui demain pour évoquer la situation.

Les enjeux de cette rencontre sont multiples. Les États qui siègent au Conseil de sécurité n'ont pas la même politique envers la junte : la Russie fournit des armes aux militaires, tandis que la Chine, premier partenaire de la Birmanie, y a de nombreux intérêts commerciaux. Cela amoindrit les chances des pays qui y siègent d'aboutir à un consensus quant à une condamnation des militaires, la mise en place de nouvelles sanctions, voire la reconnaissance du Parlement birman en exil. La marge de manoeuvre de la communauté internationale est donc restreinte, d'autant plus que l'efficacité des sanctions est contestée : elles seraient mêmes "contre-productives", selon la chercheuse Sophie Boisseau du Rocher.

Avec nous pour en parler 

Sophie Boisseau du Rocher est chercheuse et spécialiste de l’Asie du Sud-Est à l’Institut français des relations internationales (Ifri). 

Le Bruit du monde est au Sénégal, où il n'y a plus de villages lépreux

Au Sénégal, le président Macky Sall a annoncé la suppression avant fin mars du statut spécial des « villages de reclassement social », anciens foyers de lèpre. Ces villages - au nombre de neuf dans le pays - ont été créés sous la colonisation pour écarter les lépreux de la société et sont régis par une loi datant de 1976. 

Les habitants souhaitent voir disparaitre ce statut discriminatoire, alors qu’ils sont obligés de vivre en marge de la société. Pourtant, la lèpre n’est plus un problème de santé publique depuis 1995. Elle aurait même été éradiquée depuis 2015, selon le chef de l’État.

Un reportage signé Théa Ollivier.

Également au programme de cette émission

  • Sous les radars, par Amélie Perrier
  • Pas son genre, par Giulia Foïs 
  • Le monde d'après, l'édito de Jean-Marc Four

Programmation musicale 

Matt BERNINGER - Serpentine prison

Leyla MCCALLA - The capitalist blues

Les invités
  • Sophie Boisseau du RocherChercheuse associée au Centre Asie de l'Institut français des relations internationales (IFRI) et au GRIP
Programmation musicale
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