La Libra, cryptomonnaie conçue par Facebook, se heurte au barrage des institutions. Après l'Union Européenne, le Congrès américain est vent debout face à Mark Zuckerberg. Serait-ce une guerre contre le géant des réseaux sociaux ? Analyse avec le journaliste Julien Le Bot, auteur de «Dans la tête de Mark Zuckerberg ».

Libra : qui veut la peau de Facebook ?
Libra : qui veut la peau de Facebook ? © Getty / Chesnot / Contributeur

C'était le dernier projet, très ambitieux, porté par le géant Facebook. La Libra, cette cryptomonnaie conçue par la firme et rendue publique en juin dernier, se heurte à un accueil froid des Etats - d'abord par l'Union Européenne au G7, puis par le Congrès américain plus récemment. Le patron de Facebook a été chahuté à ce sujet par les sénateurs lors d'une audition, le 23 octobre dernier. Face au barrage institutionnel, les grands groupes internationaux - notamment les financiers Visa ou EBay - qui soutenaient le projet, s'en sont progressivement retirés. 

L'ambition de cette nouvelle monnaie entièrement numérique était de permettre aux usagers du groupe - qui comprend Facebook, mais aussi d'autres réseaux sociaux, comme Whatsapp ou Instagram - de s'envoyer de façon sécurisée des sommes d'argent via les applications de messagerie. La technologie utilisée est similaire à celle d'autres cryptomonnaies, comme le célèbre bitcoin. Il s'agirait évidemment d'une source de revenus importante pour Facebook, avec ses 2.7 milliards d'utilisateurs actifs. Il était ainsi prévu de développer des systèmes de prêts à la consommation et de vente de produits en Libra.

C'est précisément du fait de cette masse de clients potentiels que le projet inquiète, avec le risque que la Libra entre en concurrence avec les monnaies étatiques. Car frapper monnaie a toujours été une fonction régalienne et monopolistique des Etats. Le risque final est d'aboutir à une perte de souveraineté des devises nationales, qui auraient moins de maîtrise sur les échanges et la variation des taux d'intérêt. 

L'opposition généralisée au Libra est-elle une menace envers Facebook et son influence ? Avec nous pour en parler, Julien Le Bot, auteur de Dans la tête de Mark Zuckerberg, à paraître le 6 novembre.

  • Le bruit du monde auprès de la Commission qui rend justice aux enfants déplacés, en Suisse. Par Jérémie Lanche

Jusqu'en 1981, l'Etat suisse se réservait le droit de soustraire des enfants à leur famille s'il suspectait que cette dernière avait un « mode de vie suspect ». A ce titre, ces jeunes étaient placés, et un grand nombre a subi dans ce cadre des sévices - travail forcé, violences physiques et sexuelles. Encore aujourd'hui, les victimes ont souvent du mal à parler de ce vécu traumatique. Une Commission dédiée dont le rapport, rendu récemment, rend hommage et justice aux enfants déplacés.

  • Le Monde en VO avec Le Traître, le nouveau film de M. Bellochio. Par Eva Bettan

Le réalisateur italien, coutumier de la déconstruction des institutions, s'attaque cette fois-ci à la mafia. Dans son nouveau film, c'est un fils qui trahit et dénonce sa famille, mortifère et assassine, qui fait partie de la Casa Nostra. Un chef d'oeuvre dans lequel la rage de Bellochio semble toujours intacte, à près de quatre-vingt ans. 

  • Le prix Nobel de la paix est allé au Premier Ministre éthiopien, Abiy Ahmed, alors même que le pays est en proie à une grave crise politique et sociale. Le Nobel sous pression, c'est le Monde à l'envers, par Cyril Sauvageot.

Programmation musicale :

Lizzo - Truth Hurts

Oasis - Don't Look Back in Anger

Les invités
Programmation musicale
Les références
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.