Demain 1er septembre, centenaire de la proclamation du Grand-Liban par la France, Emmanuel Macron sera en visite à Beyrouth pour faire un "point d'étape" sur la mise en oeuvre de l'aide internationale. Cette visite hautement symbolique est l'occasion de s'interroger sur la diplomatie française au Liban.

Retour de Macron au Liban : quelle diplomatie française ? Le 6 août, Emmanuel Macron s’était rendu à Beyrouth promettant son soutien au Liban après la terrible explosion
Retour de Macron au Liban : quelle diplomatie française ? Le 6 août, Emmanuel Macron s’était rendu à Beyrouth promettant son soutien au Liban après la terrible explosion © AFP / THIBAULT CAMUS / POOL

La France et le Liban partagent un grand passé commun. Le 1er septembre 1920, la France proclamait le Grand-Liban sur les territoires récupérés au Proche-Orient à l'Empire Ottoman. Bien que la fête nationale libanaise soit le 22 novembre (en référence au 22 novembre 1943, jour de l'indépendance), le 1er septembre est une date aussi importante qu'elle divise. Cent ans plus tard, le Président français revient au Liban pour faire un "point d'étape" sur la mise en oeuvre de l'aide internationale, mais aussi pour donner des recommandations sur les réformes que doit entreprendre le Liban

Le symbole est fort et le parallèle n'a pas manqué : alors que la contestation libanaise envers ses dirigeants semble avoir atteint son apogée, Emmanuel Macron a choisi une date qui souligne à la fois les liens forts entre la France et le Liban, mais aussi et surtout le poids de la France dans la politique libanaise. A ce titre, il est d'ailleurs intéressant de constater que le système confessionnel du Liban, qui a été vivement critiqué par Emmanuel Macron et tenu pour responsable de nombreux dysfonctionnements politiques, avait été imposé par la France au siècle dernier.  

Mais malgré ce symbole "nostalgique" fort, le Président de la République française ne semble pas s'inscrire dans l'héritage de ces prédécesseurs dans la diplomatie française au Liban. Contrairement aux anciens présidents français, Emmanuel Macron s'est efforcé de ne prendre aucun parti parmi les factions locales, et s'est même assuré de recevoir des représentants de la société civile, porteurs des contestations populaires. Alors que le Liban a longtemps été structurellement affaibli par son organisation politique issue de la présence française, une visite du président français encourageant le Liban à se débarrasser de son héritage français serait l'occasion de changer le sens du 1er septembre.

Avec nous pour en parler 

  • Ziad Majed, Politologue, spécialiste du Moyen-Orient professeur à l'Université américaine de Paris
  • Aurélien Colly, journaliste

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