La centrale nucléaire du Bugey dans l'Ain
La centrale nucléaire du Bugey dans l'Ain © Spiritrespect@wikicommons / Spiritrespect@wikicommons

30ans après Tchernobyl, la France est-elle préparée à un accident nucléaire? Risque terroriste, vetusté des installations, manque d'entretien, problèmes de financement : de nouvelles menaces pèsent sur le parc nucléaire français. Comment faire face à ces nouveaux risques?

Pour répondre à ces questions, Thomas Chauvineau reçoit Michel Demet de l'ANCCLI et Charlotte Mijeon, porte-parole de l'association 'sortir du nucléaire".

Reportage, sur la centrale du Bugey : Anaëlle Verzaux

Derrière Fessenheim, la centrale nucléaire du Bugey est la deuxième plus ancienne de France. Construite en 1965, elle est mise en service en 1972, et l’ensemble des réacteurs sont en fonctionnement depuis 1979, malgré de nombreuses protestations et mobilisations.

Nous n’avons pas pu entrer dans la centrale, mais de l’extérieur, on voit l’usine, et quatre immenses bâtiments circulaires. Ce sont les quatre réacteurs. Le réacteur 5 est à l’arrêt depuis août dernier en raison d’une fuite qui peine à être stoppée.

Sur le côté, des camping-car stationnent. Ils appartiennent aux « nomades du nucléaire », des prestataires qui vont de centrale en centrale… Un jour au Bugey, le lendemain à Flamanville, le surlendemain au Blayais… Ce sont souvent des étrangers, qui communiquent peu avec les syndicats, en raison de la barrière de la langue ou de la méfiance de ces « travailleurs détachés » à leur égard. La plupart des syndicats sont des salariés d’EDF, un autre monde. Difficile, donc, pour les syndicats, d’évaluer les conditions de travail et le danger que peuvent encourir ces sous-traitants.

Il y a, au Bugey, 1400 salariés EDF, quand le nombre de sous-traitants est lui est extrêmement variable… En période d’arrêt de tranche surtout, quand on doit arrêter les réacteurs pour rechargement ou révision, le nombre de prestataires peut passer de 400 à 2000 ! Ils sont employés par : Areva, Engie, Techman nettoyage ou encore Alstom…

Sous couvert d’anonymat, trois prestataires de longue date nous décrivent leurs conditions de travail, de plus en plus dures et risquées pour leur sécurité, celle de la centrale, et donc la nôtre.

Dans la deuxième partie du reportage, nous retrouvons des militants anti-nucléaire français et suisse, qui occupent les ronds-points dans un périmètre assez large autour de la centrale. Que font ces militants suisse, membres de l’association genevoise « Contre Atome » sur ces ronds-points français ? Ils sont venus informer de la plainte contre X, déposée par la ville et le canton de Genève, avec Corinne Lepage et quatre riverains français, pour « pollution des eaux et mise en danger d’autrui »…

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