Isabelle Dupuy
Isabelle Dupuy © Radio France

Un mail: Bonjour Brigitte et bonjour amis (ies) de la radio, Encrée depuis 17 ans au pays des grands espaces, j'exerce un métier qui demande savoir-faire et amour de la matière. Le Cantal, qui vient d'un mot celte signifiant "brillant", a su attirer mon regard et affirmer mon goût de la liberté. De plus, c'est dans le sous-sol de cet espace que je trouve la matière naturelle dont j'ai besoin pour créer. Je me sens simplement "transformatrice" de terre. J'ai la vocation de la matière. Argile, terre, glaise, autant de termes pour parler de cet élément que nous offre gracieusement la nature. De la terre à l'objet fini, nous voilà embarqués dans un art du feu incontestable. Que l'argile soit tournée, estampée, plaquée, modelée, sculptée, coulée...elle devra sécher, être peinte et subir l'assaut des flammes pour être enfin utilitaire ou décor rayonnant. Voilà ce qui anime ma vie. La terre, matièrevivante. Et la nature et les rencontres humaines sont mes inspirations. Depuis quelques années, je pensais que nous, les artisans d'art, étions en voie d'extinction. Erreur! Je vois de jeunes créateurs s'installer. Mais il y a de la concurrence : il y a les artistes morts reconnus, à qui l'on consacre des expositions coûteuses (cet argent serait bien mieux placés dans des aides à l'installation ou à la promotion) de nouveaux ateliers, puis les artistes vivants , côtés, qui n'attirent que les élites argentées et très "cloisonnées". Et enfin, tous les petits créateurs, qui ne vivent que pour leur art, par leur art, sans gloire, sans chichi et qui respectent les savoirs-faire retransmis depuis si longtemps et qui innovent tout à la fois. Ces amoureux des matières transformées par leurs mains sont en harmonie avec leur Terre, qui donne tout ce qu'il faut : bois, pierre, métaux, terre, végétaux, oxydes, minéraux, eau, glace, vent, soleil et tant de belles choses encore. Ces gens-là méritent attention. Ils ne sont pas passés ni dépassés mais sont innovation, imagination, création. Regardez près de chez vous : il y a sûrement un homme ou une femme qui travaille sur un objet unique, durable, magnifique. Ces gens-là aiment l'art. Pour eux, c'est comme une rébellion, une remise en question de ce qui existe. Leur bonheur c'est la créativité. Le "magicien" de la terre met la main à la matière brute et l'ôte en quelque sorte à son monde minéral pour l'introduire dans le monde de la transformation. La matière travaillée informe le potier sur lui-même. Équilibre entre force et résistance, maîtrise, sensibilité, expression, tant d'aptitudes ou de faiblesses révélées par la matière. La main est l'ambassadrice ingénieuse, le lieu où le cœur et le monde se touchent et se remanient réciproquement. Sans les artistes et artisans, "façonneurs" de matière, que serait le monde? "L'homme se demandera sans fin de quel limon, de quelle argile il est fait". Gaston Bachelard. En exprimant quelques idées sue ces thèmes, qui constituent une grande partie de moi-même, à travers les ondes d'une radio façonnée elle aussi de mille propos, de mille découvertes grâce à des animateurs aux mille facettes, je pense que je serai la potière la plus ravie de France. Je vous souhaite une bonne journée. Potièrement vôtre.

Expo « Les Condamnés. Dans mon pays ma sexualité est un crime » de Philippe CASTETBON à Lille
Expo « Les Condamnés. Dans mon pays ma sexualité est un crime » de Philippe CASTETBON à Lille © Radio France

Isabelle Dupuy est venue accompagnée, pour vivre ce jour tout neuf en direct sur France Inter. Son compagnon est verrier, dans le Cantal aussi. Si vous êtes curieux, vous pouvez visiter le site d'Isabelle (en lien) mais aussi celui de Jean Jacques GUILLEMIN : creart-verre.com Et bien sûr pour découvrir les artistes céramistes et verriers, "la revue de la Céramique" est du verre est parfaite. et Ma souris m'a dit de Hortense Volle

Les liens

Isabelle Dupuy

17 mai 2011 : journée mondiale contre l'homophobie, l'expo de Ph.Castetbon à Lille Exposition « Les Condamnés- Dans mon pays ma sexualité est un crime » organisée par L’Autre Cercle Nord Pas de Calais. Salle Desmet, musée de l’Hospice Comtesse, 32 rue de la Monnaie à Lille. Son auteur est aussi de temps en temps le réalisateur de Un jour tout neuf: Philippe CASTETBON.Construit sur le principe de l’autoportrait, le projet de Philippe CASTETBON a consisté àregrouper des photographies et des témoignages d’hommes homosexuels vivant dans unecinquantaine de pays où l’homosexualité est réprimée. Du fait des peines qu’ils encourent,ces condamnés en puissance se sont photographiés en masquant tout ou partie de leur visage afin d’éviter d’être reconnus et poursuivis. Ce projet a donné lieu à la publicationd’un livre et à la création de l’exposition.

L'expo de Philippe Castetbon est à Lille mais aussi à Avignon Au Péristyle de l'Hôtel de Ville d'Avignon

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