Barbara Caspary
Barbara Caspary © Radio France

Barbara CASPARY habite dans le 93, à Noisy-le-Sec. « C’est différent de Paris et du quartier de la Goutte d’Or où je vivais. Un quartier très dense, multiculturel… Là j’entends les trains qui passent. J’habite un pavillon entouré de rails. Mon compagnon est technicien de la SNCF. L’été dans le jardin on doit se taire le temps qu’un train passe. Je suis arrivée à Paris en 1977. A l’époque je voulais faire une année sociale au Brésil, comme d’autres font le service militaire. C’était assez courant pour les filles en Allemagne de faire ça. Je voulais faire un travail avec l’Amérique latine. Mais ça ne s’est pas fait. Et j’avais la possibilité de travailler avec la Cimade, en région parisienne, dans un foyer d’accueil pour les chiliens qui s’exilaient à Paris sous Pinochet. Je ne suis pas restée très longtemps. Après tout cela je voulais faire du théâtre. J’avais commencé quelques cours de théâtre à Paris. Je commençais à savoir parler français. Puis je suis allée au festival de films à Berlin et j’ai vu un film qui m’a décidé à faire du cinéma. C’était la bascule. Viva la muerte d’Arrabal. Ce film m’a terriblement marquée. C’était difficile de ne pas connaître la langue. J’étais toute seule, je ne vivais pas forcément dans le confort et c’était par moment un peu déprimant. Mais apprendre une langue en étant immergé c’est fascinant. J’avais appris un peu le français à l’école. Je lisais à haute voix les manuels. Aux Etats-Unis c’était différent. J’y suis allée en 1974 – 1975 c’était pour un long échange scolaire, the American Field Service. J’ai quitté ma mère et ma sœur à ce moment là. Elles habitaient en Bavière. Je suis plus ou moins revenue chez ma mère, après le voyage aux Etats- Unis. J’ai fait un DEA en littérature française et cinéma. Je faisais un travail sur l’adaptation des textes littéraires au cinéma. J’ai commencé à faire des courts métrages. Et j’ai bifurqué vers le montage. Et aujourd’hui, après avoir été monteuse j’essaie de me remettre à mes propres films. Donc je me sens comme à mes 25 ans. Je fais un film sur l’ostréiculture en ce moment… Je voudrais montrer comment un paysage et une activité sont très étroitement liés. Comment le paysage est façonné par ce métier. Et quels enjeux si jamais le métier s’arrête. Un hymne d’amour au paysage et à ce métier. Et aux huitres aussi. Parce que j’aime bien manger, j’aime bien déguster, j’aime bien boire. J’aime bien cuisiner. J’ai presque tout appris en France. J’ai pensé ouvrir un restaurant… c’était le choix à faire entre montage et restauration. Mais je voulais quand même finir mes projets personnels. Je me donne trois ans. Sinon je reviens à cette idée d’ouvrir un restaurant. Disons plutôt un lieu où on mange. Parce que je n’aime pas calculer l’argent qui entre, je n’aime pas la consommation. Un plat que j’adore… les gâteaux de noël allemands, parce que c’est la période : les vanillekipferl. Je n’en ai pas encore fait mais ça ne saurait tarder. » et la Chronique de Jack Souvant

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