Antoine Schaab
Antoine Schaab © Radio France

Antoine SCHABB vit à Paris. « C’est ici que j’écris, je conceptualise mes sculptures, mais la partie importante de mon atelier est à Saint Raphael. J’y vais le plus souvent possible. Moi je n’ai pas de notions de vacances… la plupart des plasticiens et des peintres ne savent pas trop ce que c’est, les vacances. La période où je travaille le plus c’est de septembre à octobre. L’automne est une période où je peux quasiment ne pas dormir… j’aime bien les lumières, l’été qui se termine. La douceur de l’automne. C’est la période des vendanges et ça me rappelle ma jeunesse. J’ai passé toute ma jeunesse dans la nature. J’ai commencé quand j’avais 14-15 ans à faire de la sculpture sur bois. J’avais peut-être un petit talent pour ça… Et puis il faut dire que j’étais entouré de bois à la campagne, dans les Bouches du Rhône, à côté de Marseille. Puis les circonstances de la vie m’ont poussé à quitter le sud pour Paris, en 1970. J’avais un atelier à Boulogne-Billancourt avec un photographe dans un vieil immeuble presque en ruine. J’ai fait ma première expo en 1974, à Paris. C’était des sculptures sur bois. Après j’ai fait des expos en Europe uniquement. Quelques fois les sculptures traversent l’Atlantique, quand elles sont achetées pour les Etats-Unis. La sculpture que je fais est issue du surréalisme. Je travaille beaucoup sur le symbole et sur les événements du monde. J’aime beaucoup Michelangelo… je trouve que c’est un meilleur sculpteur que peintre. Et Donatello aussi. Les anciens ont une influence majeure sur l’art aujourd’hui. Tout est lié. Je fabrique des objets en fonction du monde qui m’entoure. Par exemple j’ai fait une sculpture qui s’appelle Gaza, une autre sur le discours politique de George Bush, une sur la crise économique en 2009… et beaucoup d’autres sur l’oppression nazie. C’est un peu mon histoire. La sculpture est avant tout un engagement sur le monde. Je déteste les objets de décoration. Tout ce qui est fait pour faire joli, je n’aime pas. Je ne vis la sculpture que selon un engagement. La matière que je travaille en ce moment c’est essentiellement du plâtre pour ensuite tirer du bronze. Je donne les plâtres à un fondeur d’art. C’est la collaboration les fondeurs qui me plaît aussi. Il faut parler d’eux… ils sont très importants. La sensualité de la sculpture me plaît, le contact avec la matière est fondamental. C’est en moi depuis toujours… mais ça ne suffit pas. Il faut aussi travailler avec une pensée. Depuis des années je suis « dans le plâtre », c’est maintenant ma matière préféré. Ca devient des bronzes ensuite, mais je n’ai pas le même rapport charnel. Le bronze c’est immuable. Le temps ne le détruit pas. Je suis né à Sedan dans les Ardennes. Je suis resté là bas 6 mois après la guerre. Après je suis parti dans la région marseillaise. Ma mère était infirmière militaire et mon père travaillait dans une compagnie d’assurance… donc ce n’était pas vraiment une famille d’artiste. Sauf que mon père jouait de l’orgue pour le plaisir dans les églises. Quand j’étais petit je comprenais le polonais car ma mère était polonaise, elle est arrivée en France en 1921. Schaab, mon nom famille, c’est alsacien, du côté de mon père. J’ai eu deux parents humanistes et qui m’ont transmis ce goût pour l’humain. C’est aussi de là que vient mon engagement contre l’oppression. Je ne serai pas ce que je suis si je n’avais pas entendu parler à ce point de l’oppression, de la résistance, des massacres. » Et la chronique Vu sur scène de Marianne Pichon

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