Pour les États-Unis, le 11 septembre a été à beaucoup d’égards la fin de l’innocence, un choc dont le pays ne s’est pas remis

Que lire cet été ?
Que lire cet été ? © Getty / Glowimages

«Les petites consolations » d’Eddie Joyce, se déroule dix ans après, dans une famille italo-américaine qui a perdu un fils sapeur-pompier dans l’effondrement des Twin Towers. Comment vivre après la perte ? C’est la question posée dans ce premier roman.

Les petites consolations d'Eddie Joyce
Les petites consolations d'Eddie Joyce © @ Rivages

On a du mal à le croire, mais c’est pourtant vrai. A 34 ans, Eddie Joyce a quitté le cabinet d’avocats new-yorkais où il travaillait, il a renoncé à un salaire à six chiffres…pour devenir écrivain. Sans garantie de réussite.

Le goût du risque a payé. «Les petites consolations », son premier roman, a été bien accueilli aux Etats-Unis. Il a été traduit dans plusieurs pays, dont la France, où il a été publié au printemps dernier.

Premier chapitre. On est plongé d’emblée dans le rituel matinal de Gail Amendola. Première réveillée de la maison, elle se lève sans traîner, elle se douche, un bref coup d’œil au miroir puis c’est la mise à l’épreuve quotidienne. La chambre d’en face est celle du fils disparu. Bobby. Sapeur-pompier. Héros disparu du 11 septembre.

Chaque matin, Gail s’arrête quelques instants dans cette chambre où rien n’a bougé. Elle échange quelques mots en pensée avec l’affiche qui représente le joueur de basket préféré de son fils, puis elle descend préparer le café. Lire le journal. Profiter de la qualité de silence si particulière, quand on est seule éveillé dans une maison. Car il suffit que Michael, le mari, se lève pour que « l’équilibre de la maison se modifie », note l’auteur. C’est le genre de remarques subtiles qui font qu’on entre avec confiance dans ce roman. C’est ce qui a séduit son éditrice française, Nathalie Zberro :

Interview

Dans la famille Amendola, chacun réagit à sa manière à la disparition du fils cadet. L’aîné se noie dans le travail, le cadet dans l’alcool.

Après dix ans de solitude, la veuve, Tina, se sent de nouveau prête à aimer. Elle a rencontré quelqu’un mais comment l’annoncer à sa belle-famille. Comment continuer à vivre sans trahir ? Comment se comporter quand on est le père, la mère, la veuve d’un héros :

Interview

« Les petites consolations » est aussi une plongée dans le monde de cette communauté d’Américains d’origine moitié italienne moitié irlandaise. Des gens de condition modeste. Ils sont devenus pompiers, policiers, petits commerçants, souvent ignorés ou méprisés par les habitants de Manhattan. Ils sont de Staten Island. Staten Island, c’est une île en face de Manhattan. Sur le papier, c’est New-York, mais un NY quasi-provincial. Au fond, c’est le personnage principal du roman. Eddie Joyce a grandi là-bas. Il voulait offrir à son quartier une revanche en forme de reconnaissance littéraire. Mission accomplie.

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