Direction le désert des Mojaves, avec La Trace de Forrest Gander.

Le désert de Mojave
Le désert de Mojave © Getty / Eric Lowenbach

A la fois road movie mélancolique, histoire d’amour et livre politique sur le milieu des narco trafiquants à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

Dale est universitaire. Son épouse Hoa, est céramiste. Un jour, il la convainc de venir avec lui sur les traces du journaliste et écrivain Ambrose Bierce, disparu mystérieusement en 1913 en allant couvrir la révolution mexicaine.

Ce couple est un peu fracassé. D’ailleurs on comprend très vite que l’expédition sur les traces d’Ambrose Bierce n’est au fond qu’un prétexte pour se distraire de la grande angoisse qui les tenaille tous les deux. Après tout ce qu’ils ont enduré avec leur fils, ils espèrent « regagner le domaine de la normalité », écrit Forrest Gander. Ils espèrent que le voyage sera pour eux « un temps de convalescence et de renouveau ».

Dale et Hoa veulent oublier qu’ils sont un couple de parents rongés par l’angoisse. Ils font comme s’ils partaient pour un genre de lune de miel. Ils réservent à l’hôtel Paisano, là où ont séjourné James Dean, Elisabeth Taylor et Rock Hudson pendant le tournage du film Giant.

Mais aucun des deux n’est dupe. Chacun des deux regarde l’autre consulter discrètement un téléphone qui lui donne l’impression de vibrer. Hélas, l’écran reste vide et l’appareil silencieux.

Dans leur voiture climatisée, ils font vaguement semblent de s’intéresser aux églises, aux paysages. En réalité, une seule question les préoccupe : pourquoi l’adolescence de leur fils n’a-t-elle été qu’une dispute spasmodique continue. Pourquoi l’abandon des études, le vol à l’étalage, le silence plein de rancœur.

Engloutis dans leur désarroi, Dale et Hoa finissent par oublier l’endroit où ils se trouvent véritablement.

Interview de Sabine Wespieser, l’éditrice française de Forrest Gander

Ce que le lecteur ne peut pas savoir, en revanche, c’est le dénouement de l’histoire. Car tout au long du livre, plane la menace que fait peser la première scène. Une scène d’ultra violence, magistrale, à la Tarentino.

La trace, de Forrest Gander, traduit par Dominique Goy-Blanquet, est publié chez Sabine Wespieser.

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