Les dernières années de Fitzgerald, c’est le sujet de" Derniers feux sur sunset", un roman de Stewart O’Nan qui paraît cette semaine.

"Dernier feux sur Sunset" de Stewart O'Nan (couverture, détail)
"Dernier feux sur Sunset" de Stewart O'Nan (couverture, détail) © Éditions de l'Olivier

On est en 1937, tout va mal pour Fitzgerald. L’auteur de Gatsby le Magnifique est ruiné. Il survit en réécrivant des scénarios de films à Hollywood.

Zelda, son grand amour, est internée dans un asile. Fitzgerald n’est plus qu’une gloire déchue de la littérature, qui sombre dans l’alcool.

Qu’il évoque une veuve de 80 ans confrontée à la solitude, une braqueuse dans le couloir de la mort ou un adolescent afro-américain, on retrouve toujours chez Stewart O’Nan la même empathie pour ses personnages et cette extrême attention aux détails qui nous les rend si incroyablement vivants et proches.

Il y a eu ces dernières années pas mal de livres consacrés à Fitzgerald. Le roman de Stewart O’Nan n’est pas juste un livre de plus. C’est un livre qui restitue magnifiquement les tourments, la complexité et les contradictions de Fitzgerald.

On est en 1937. Fitzgerald n’est plus que l’ombre de lui-même, il ne le sait pas encore mais il n’a plus que trois ans à vivre. Lui qui a connu le glamour et l’adulation des puissants en est réduit à réécrire de mauvais scénarios. Les huiles du cinéma qui autrefois se mettaient en quatre pour lui faire plaisir le saluent du bout des lèvres. Il n’y a guère que Humphrey Bogart pour lui dire à quel point ses livres comptent.

Il faut le dire : ce roman magique est fait pour les fans de l’âge d’or d’Hollywood. On y croise Joan Crawford, Dorothy Parker, Aldous Huxley, Hemingway, ami et rival de Fitzgerald et Marlene Dietrich, évoquée par ces mots saisissants :

 Il était si habitué à voir son visage à l’écran qu’il fut choqué de découvrir les rides qui marquaient les contours de sa bouche. Dans la vraie vie, ses paupières tombaient sur ses célèbres yeux langoureux et lui donnaient l’air d’une droguée ou d’une malade à l’agonie. Il savait que c’était injuste, et pourtant il se sentait déçu, comme si depuis tout ce temps, elle l’avait déçu.

Fitzgerald, lui, s’efforce de se prouver à lui-même qu’il est toujours capable d’écrire. Qu’il n’est peut-être pas le raté qu’il s’accuse d’être devenu. Il veut se prouver qu’il est toujours capable de gagner de l’argent. Car il y a surtout Zelda, son grand amour, internée dans un asile dont il faut payer les factures, vaincue par la maladie mentale, déformée par les médicaments, la sublime Zelda réduite à s’habiller avec des vêtements usagés récupérés à la blanchisserie de la clinique. Déchéance insupportable que Fitzgerald essaie d’oublier à coups de double gin.

Derniers feux sur Sunset, magnifiquement traduit par Marc Amfreville, est un livre beau, poignant et mélancolique. Stewart O’Nan a placé en épigraphe deux citations de Fitzgerald :

 Il n’y a pas de deuxième acte dans les vies américaines

. Et aussi :

Rien n’était impossible : tout ne faisait que commencer

A vous de choisir !

Derniers feux sur Sunset, de Stewart O’NAN est publié aux éditions de L’Olivier. Arrive en librairie demain.

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