« Quelques jours avec Hitler et Mussolini », de Ranuccio Bianchi Bandinelli, publié aux éditions Carnets nord.
« Quelques jours avec Hitler et Mussolini », de Ranuccio Bianchi Bandinelli, publié aux éditions Carnets nord. © Radio France
> _Quelques jours avec Hitler et Mussolini_ , est l’histoire vraie d’un Italien, Ranuccio Bianchi Bandinelli, qui, en 1938, a été le guide des deux dictateurs dans les musées de Rome et de Florence. C’est un récit tout à fait extraordinaire que les éditions _Carnets Nord_ mettent à notre disposition en français. On pourrait résumer ça comme ça : c’est l’histoire d’un homme qui aurait pu devenir l’un des plus grands héros de tous les temps, un homme qui pendant une semaine du printemps 1938, alors que la seconde guerre mondiale s’annonçait déjà, a eu la possibilité de nous débarrasser d’un seul coup d’un seul de Hitler et de Mussolini et qui ne l’a pas fait ! Et qui dans ce récit nous explique, « le rouge au front », pourquoi il ne l’a pas fait. C’est l’histoire d’un homme médiocre ou d’un bourgeois, puisque c’est sous ce titre, « Mémoires d’un bourgeois » que Ranuccio Bianchi Bandinelli a fait paraître son autobiographie, dont ce chapitre est extrait. Qui était ce Ranuccio Bianchi Bandinelli en 1938 ? En 1938, Bandinelli est critique d’art, professeur émérite d’archéologie et d’art antique à Florence. Par ailleurs, sa mère étant allemande, il parle couramment cette langue, en plus de l’italien. Bref, c’est l’homme de la situation et quand le gouvernement italien apprend que Hitler vient pour son premier voyage officiel en Italie, avec tout l’état-major nazi, on lui intime l’ordre – car il s’agit bien d’un ordre – de servir de guide au Führer dans les musées de Rome et de Florence. À cette époque, politiquement parlant, Bandinelli se décrit comme « un antifasciste théorique, sans directive politique, sans conviction précise, sans programme ». (Pour la petite histoire, Bandinelli adhérera au parti communiste en 1944). N’empêche, en attendant de se retrouver face à Hitler et Mussolini, Bandinelli passe de mauvaises nuits. Il se rend bien compte qu’il va se retrouver dans la situation idéale pour commettre un attentat contre les deux dictateurs d’autant qu’il n’y a aucune enquête sur lui, qu’il n’est pas surveillé par la police. Il suffirait qu’il se fasse exploser et poum ! Plus de Bandinelli (ce n’est pas grave) mais surtout, plus de Hitler et plus de Mussolini ! Oui, mais où trouver des explosifs ? Et puis il faudrait penser à mettre sa famille à l’abri ! Et puis est-ce que ça changerait vraiment le cours de l’Histoire ? Est-ce que la guerre n’est pas de toute façon inéluctable ? Toutes ces questions, oiseuses ou pas, c’est à nous d’en juger, tournent dans la tête de notre professeur d’archéologie. Jusqu’au jour où il se retrouve à côté de Hitler et Mussolini… Et là Bandinelli a la franchise d’avouer que toutes ses rêveries d’attentat s’évanouissent d’un seul coup. Il fait son job de guide officiel. Et c’est la seconde partie de son récit, celle où il nous raconte cette semaine passée en compagnie des deux dictateurs dans les musées de Rome et de Florence. Le peintre raté qu’était Hitler est évidemment aux anges. C’est son premier voyage en Italie, celui qu’il n’a jamais pu s’offrir, et le voilà accueilli par des foules en liesse. Mussolini s’ennuie tandis qu’Hitler évoque l’Atlantide (avec l’air d’y croire), qu’il ressasse sa haine du bolchevisme et du christianisme en tant que première vague bolchevique à avoir déferlé sur l’Europe. Et devant le Colisée, note Bandinelli, Hitler émet l’idée « _qu’il faudrait le reconstruire et l’utiliser, mais qu’aujourd’hui, hélas, il fallait tenir compte des finances publiques_ ». Eh oui, déjà la dette, déjà la rigueur !
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