Le pacte des vierges
Le pacte des vierges © Radio France

L’affaire des vierges de Gloucester a déjà donné lieu à des films et des livres aux Etats-Unis. Voici les faits : « A la fin de l’année scolaire 2008, le lycée de Gloucester (Massachusetts) comptait 17 jeunes filles enceintes. La moitié d’entre elles – toutes ont moins de seize ans — ont avoué avoir fait un pacte pour avoir leurs bébés et les élever ensemble ».

Le fait que le lycée de cette petite ville de pêcheurs comptât quatre fois plus de lycéennes enceintes que l’année précédente, a pour commencer provoqué une polémique sur le manque de moyens contraceptifs dans les établissements scolaires. Le débat régional prit un tour national : partout on débattit aux Etats-Unis, à la Ségolène Royal, de la pilule du lendemain au lycée.

Mais rebondissement ! C’est alors que le proviseur du lycée de Glouscester raconta à qui voulait bien l’entendre (beaucoup de monde) que ce boom de naissances simultanées s’expliquait tout autrement : en l’occurrence, par le fait que sept ou huit jeunes filles avaient conclu entre elles « un pacte » pour devenir mères en même temps ! Voilà qui était beaucoup plus romanesque, et c’est du coup sur la réalité de ce pacte (formellement nié ensuite par le maire de Gloucester et jamais réellement prouvé depuis) que les journalistes se mirent à enquêter. Pas trop longtemps quand même, puisque, à notre connaissance, aucune des supposées « pactisantes » n’a jamais accepté de témoigner, mettant à bas ladite thèse qui venait, faut-il le rappeler, contrecarrer à point le débat sur la pilule du lendemain au lycée.

Toujours est-il que c’est de ce vide journalistique que s’est élancée Vanessa, la fille de Michel Schneider qui publie également en cette rentrée, en fantasmant que, journaliste française « un peu mémère » (à « Marianne », donc à l’époque : puisqu’elle vient de rajeunir d’un coup en passant au « Monde ») elle était, par un extraordinaire que le livre se garde bien d’expliquer, la seule à obtenir la confession de quatre des conjurées : Lana, la chef de bande, Sue et ses parents intégristes, Kylie, la fille la plus sexy du lycée, qui se maquille « comme une pute » depuis l’âge de onze ans à cause de sa mère, et Cindy, la seule de la bande à avoir un petit copain attitré.

Vanessa Schneider monte les récits des unes et des autres de façon très télévisuelle (disons un peu comme dans un épisode de « Hollywood Stories » ou un « Faites entrer l’accusé » débarrassé de son idiot utile) pour raconter cette histoire qui ressemble au bout du compte, sous sa plume, à un « Club des cinq » un peu déluré. Du coup, on n’évite pas toujours les clichés propres au « Club des cinq », mais en respectant visiblement la réalité de ce qu’on sait de l’affaire (par exemple, il semble bel et bien avéré qu’un SDF, « très beau et très sympa » ait été le géniteur d’un ou plusieurs bébés des conjurées). Quelque chose nous dit qu’après le roman de Vanessa Schneider, on n’a pas fini de voir des films et de lire des livres sur cette affaire. D’ailleurs, un long-métrage transposant l’histoire au Havre a été projeté au dernier festival de Cannes.

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