Royal Romance
Royal Romance © Radio France

C’est un roman d’amour. Il s’intitule « Royal Romance » et c’est le nouveau livre de l’écrivain belge François Weyergans, qui n’avait rien publié depuis sept ans ! Très exactement depuis « Trois jours avec ma mère », prix Goncourt surprise de l’année 2005 (on attendait cette année-là Houellebecq qui l’aura, du coup, cinq ans plus tard). Ensuite, cet écrivain belge lunatique et pince sans rire, traînant auprès des éditeurs une réputation de flemmard chronique, a réussi à se faire élire, Dieu sait trop comment, à l’Académie Française, comme s’il visait à la paresse immortelle. Le fait est que la parution de « Royal Romance » a été annoncée au mois de janvier avant d’être repoussée au mois de février pour finalement paraître en mars. On a failli attendre. Mais on est tout de suite sous le charme. Weyergans est un grand écrivain, très technique, mais d’une technique qui ne se voit jamais, qui est déguisée sous la nonchalance de la phrase qui refuse de poser. Le roman commence par un prologue qui essaie de d’imposer le narrateur, un certain David Flamm, la soixantaine, écrivain, qui vient de se faire salarier à ne rien faire par un milliardaire fabricant de papier, et l’auteur, Weyergans qui lui ressemble beaucoup. Or ce David Flamm nous explique qu’il est bien décidé à écrire un livre qui raconterait une histoire d’amour autrefois.

Extrait du dernier paragraphe de prologue : « J’ai déjà un titre : Royal Romance. C’est le nom du cocktail – moitié gin, un quart Grand Marnier, un quart fruits de la passion, un soupçon de grenadine, dont raffolait Justine, la jeune fille qui sera l’héroïne de ce livre. L’auteur en fut personnellement amoureux ». Et là vous voyez tout l’art de Weyergans. Un prologue de 15 pages pour essayer de créer un personnage, David Flamm, et tout cet effort dynamité en bout de course d’une seule phrase sublime qui nous ramène à Weyergans : « L’auteur en fut personnellement amoureux ». Ah la beauté de cet adverbe !

Comme je suis un critique littéraire vétilleux, j’ai fait des recherches, eh oui, il existe, il doit être servi sans décoration dans un verre à Martini, et il a obtenu le premier prix au « British Empire Cocktail Competition » en 1934 ! Weyergans va donc nous raconter cette histoire d’amour entre la jeune Justine et un homme, écrivain velléitaire qui a l’âge d’être son père, par ailleurs marié à Paris et père lui-même de deux filles. Comme Weyergans. Mais c’est une double histoire d’amour, car c’est aussi l’histoire d’amour entre un homme qui voyage beaucoup et une ville, en l’occurrence Montréal. Si jamais vous partez à Québec, lisez Weyergans car vous trouvez en lui l’un des meilleurs cicérones, l’un des meilleurs guides de la ville de Montréal. Cafés, restaurants, hôtels, librairies, tout y est ! …

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