La bourse n'échappe pas aux rumeurs. Une affaire, qui remonte à septembre dernier, a retenu notre attention... Nous sommes le 18 septembre. Le journal l’Opinion sort un scoop : le quotidien explique que l’agence de notation Moody’s s’apprête à dégrader, le lendemain, la notation souveraine de la France.

Alors, le Ministère des Finances affirme n’être au courant de rien… Il n’empêche, l’information est reprise par toute la presse, des débats sont organisés sur les plateaux de télévision. Et comme,c'est le jour de la conférence de presse de François Hollande, un journaliste lui pose directement la question... Le Président affirme ne rien savoir de ce qui va être déclaré le lendemain. Ce serait sinon "un délit d'initié", explique-t-il.

Le lendemain, aucune dégradation n’a été annoncée par Moody’s… Colère de Michel Sapin. Il ne veut pas laisser passer la rumeur et il saisit l’AMF, l’Autorité des marchés financiers, pour lancer une enquête sur cette fausse information. Selon le ministre cette rumeur est de «nature à perturber le marché de la dette française ». Et c’est vrai qu’au vu du timing, on peut aussi se demander s’il ne s’agissait pas aussi d’une tentative de déstabilisation politique…

Du point de vue de l'enquête, l’AMF avance, mais doucement. L'autorité nous précise qu’elle menait des investigations « préliminaires » pour savoir s’il y a eu une manipulation du marché. En cas de réponse positive, elle ouvrira une enquête. Que l'AMF ouvre une enquête, c’est assez fréquent. Il y a environ une vingtaine d’enquêtes lancées par an. Par contre, ce qui est rare, c’est que ces enquêtes aboutissent à des condamnations ! Depuis la création de l’AMF, il y a 10 ans, seules vingt sanctions ont été prononcées !

Ici, il n’y a pas eu de grosse conséquence, mais parfois cela peut être plus grave. La compagnie United Airlines, en a fait les frais en 2008. Le 8 septembre, son titre s’est effondré, en passant de 12 dollars à 3 dollars en l’espace de 7 minutes !

Un crach boursier, à cause d’une simple, erreur d’un moteur de recherche. Un article de presse était antidaté et du coup, la presse économique, s’appuyant à tort sur des informations vieilles de plusieurs années, avait cru à la faillite imminente de la compagnie.

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