La page Facebook de la gendarmerie nationale
La page Facebook de la gendarmerie nationale © Radio France

Les récentes affaires de clowns terrifiants ont encore fait les Unes d’une partie de la presse ce matin. Laissons de côté les craintes et les arrêtés municipaux anti-clowns, pour nous intéresser au rôle joué par les réseaux sociaux dans cette affaire. Ces derniers sont une chaudière qui alimente la machine à rumeur. La gendarmerie a donc compris qu’il fallait être présent sur Internet pour essayer de contrer ces rumeurs.

Tout cela part de ce qu’on a appelé la rumeur de Bordeaux. Nous sommes en 2012 et plusieurs étudiants sont retrouvés morts, à quelques mois d’intervalle, noyés dans la Garonne. Ces étudiants sortaient tous de soirées bien arrosées. Mais beaucoup de Bordelais doutent de la thèse de l’accident. Ils vont donc s’inventer des explications.

De là apparaissent deux rumeurs : la première répand l’idée d’un trafic d’organes. La seconde, beaucoup plus persistante, développe la thèse d’un serial-pousseur, un personne qui aurait jeté ces étudiants à l’eau.

A cette époque, le lieutenant-colonel Gwendal Durand, chef du bureau du service d’informations et de relations publiques des armées, en tire des conclusions :

"C'est une des premières fois où les autorités se sont trouvé confrontées à une nouvelle forme de circulation de l'information.Fort heureusement, le quotidien Sud-Ouest n'a pas relayé la rumeur. Mais malgré tout la rumeur continuait à circuler sur les réseaux sociaux. Et à l'époque il n'y avait aucun moyen pour que les autorités interviennent aussi sur les réseaux sociaux."

Alors quels outils, quels moyens pour la gendarmerie ?

D’abord, une cellule de veille de l’information, qui surveille ce qui se raconte sur la toile, et qui essaye de détecter ce qui pourrait se transformer en rumeur.

Deuxième chose : la gendarmerie a créé 46 pages Facebook dans 46 départements. Et plus récemment, la gendarmerie a lancé son premier compte Twitter.

Et sur l’affaire des clowns, que font les gendarmes ?

Ils essayent, non pas d’étouffer la rumeur, car ce serait impossible, mais d’en atténuer la portée. Et surtout ils tentent de dissuader les ados de se transformer en faux clowns.

« On est dans un jeu assez malsain, qui créé du desordre et du trouble à l'ordre public. D'où l'interet pour nous de communiquer très en amont pour prévenir ces actes, mentionner très clairement ce que risquent judiciairement les personnes qui se livreraient à de telles violences. Et puis rassurer la population en les invitant à faire le 17 au plus tôt dès qu'un clown est vu dans la rue, pour que les gendarmes puissent intervenir au plus tôt et l'interpeler. »

Pour conclure, ça peut marcher ou pas ?

La limite du système, c’est que les gendarmes communiquent sur leurs propres comptes. Ce qui peut être utile pour les personnes qui souhaiteraient faire des signalements de clowns. Mais on n'imagine pas les mauvais plaisantins aller consulter les comptes Facebook de la gendarmerie…

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