Serge Tisseron est psychiatre et psychanalyste. Il nous emmène du côté de l'Hôtel Lutetia, célèbre Palace situé sur la rive gauche, à quelques pas de Saint-Germain-des-Près, pour évoquer la Honte....

L'histoire de cet établissement est intimement liée aux soubresauts de notre Histoire avec un grand "H", puisqu'entre les deux guerres, on y croisait les plus grands écrivains et artistes (Picasso, Matisse, André Gide, James Joyce, André Malraux...), en juin 1940, il devient le siège du renseignement et du contre-espionage de l'état major allemand (l'Abwehr)... A la libération, il est le premier refuge des survivants des camps, un lieu de retrouvailles pour certains, un lieu de désolation pour les autres... Près de l'entrée, une plaque leur rend hommage. Mais aucune trace de cette "occupation" honteuse. Sans doute, est-ce trop douloureux de le graver sur une autre plaque commémorative ? s'interroge Serge Tisseron

Le psychiatre tente alors de définir cette émotion à la fois complexe et fondamentalement humaine. Difficile de la définir, mais aussi de s’en débarrasser… car c’est une émotion que l’on tait aux autres, que l’on dissimule... Comment nait-elle ? Comment vivre avec ? Comment ne pas la transmettre aux générations futures ?

On la confond souvent avec la culpabilité et la pudeur, deux émotions qui sont elles aussi intimement liées à l’estime de soi et à l’attachement à l’autre... Mais ce qui se joue dans la honte, c'est ce sentiment d’appartenir ou d'être exclu de la communauté des hommes.

Hôtel Lutétia
Hôtel Lutétia © Radio France
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