Dimanche 2 juillet 2e étape Dusseldorf Liège

Cette année, le Tour ne va pas s’attarder dans les parages de la ville du Grand Départ ! Pas comme en 2014 ... Et oui car il avait musardé trois jours pour apprendre l’anglais avant de passer sur le continent.

Cette année, les coureurs n’approfondiront pas la langue de Goethe.

Un petit tour hier dans Düsseldorf, on quitte la ville de Wim Wenders et hop, cap sur la Belgique, et plus précisément sur Liège, la capitale économique de la Wallonie.

Mais pour les amateurs de vélo, Liège, est la capitale des classiques ... dites ardennaises. La Flèche Wallonne s’achève au sommet du mur de Huy, à quelques encablures de là. Et surtout c’est la ville qui voit partir et arriver l’une et une des plus belles et difficiles classiques printanières : Liège-Bastogne –Liège !

Merckx la gagne cinq fois. Mais de quelle course le `Cannibale n’est-il pas le recordman ?, les Français se souviennent plutôt de la chevauchée sous la canicule précoce de 1966 d’Anquetil, qui n’était pourtant pas un champion des classiques,

Alessandro Valverde l’a emporté 4 fois, hélas après sa chute d’hier il ne verra pas Liège ce soir.

On se souviendra de la progression héroïque de Bernard Hinault sous la neige en 1980. Ce jour-là 21 coureurs seulement terminent la course et les doigts du Blaireau se souviennent encore des engelures

Aujourd’hui, le réchauffement climatique est bien en selle, il ne devrait pas y avoir de neige en juillet. Et le final du parcours évite soigneusement toutes les côtes de la région

Mais Liège : on en part mais on y revient… C’est ce que fit le plus célèbre natif de la ville : Georges Simenon.

Il la quitta en 1922 à l’âge de 19 ans pour Paris. Mais après trente ans passés en France puis aux Etats-Unis, c’est par Liège qu’il repassa aux premières heures de son retour définitif en Europe en 1952. Ce bref retour dans sa ville natale /et sa visite à sa vieille mère, qui ne l’aimait guère, furent très médiatisés par la presse people- comme on ne l’appelait pas alors- et notamment par Paris-Match.

L’auteur de La veuve Couderc rêvait enfant d’avoir un vélo, reporter à la Gazette de Liège il put enfin s’en acheter un à 16 ans.

Dans ce pays dont on peut saluer la politique cyclable, Liège est une ville qui a un joli charme. La Meuse, la traverse du sud au nord, les collines boisées et abruptes, un relief marqué, multipliant les perspectives originales

Cette année-là, en 1952, le Tour s’arrêtait à Namur, la vraie capitale de la Wallonie, distante de seulement soixante km de Liège. Lors de l’étape, qui menait le peloton de Roubaix à Namur, le futur vainqueur avait montré le bout de nez en terminant deuxième, loin devant les autres favoris. Il s’agissait d’un certain Fausto Coppi…

Pourquoi appelle-t-on Liège-Bastogne-Liège la « Doyenne » ?

Parce que c’est la plus ancienne course figurant encore au calendrier. Pensez, elle a été créée en 1892, même si la vérité oblige à dire que la première édition partait de Spa et s’y achevait.

Une doyenne de 125 ans, c’est certes un peu mieux que Jeanne Calment, qui ne dépassa pas 122 ans, mais ça ferait plutôt rigoler l’homme de Neandertal.

Et oui ! pourquoi ? parce qu’au km 17 je suis certain que les coureurs auront une pensée émue pour notre ancêtre à tous dans la vallée du Néander, en Allemagne entre deux autoroutes, ils traverseront la ville, dont le nom signifie « La vallée de l’homme nouveau ». Nous complèterons le tableau préhistorique le 11 juillet aux abords des grottes de Lascaux dont très peu de vélo ornent les parois. .

Les cyclistes d’aujourd’hui sont des hommes de leur temps et aucun ministre des sports ne se risquerait plus à traiter le Tour de « ringard », comme le fit jadis Edwige Avice avec un sens politique affirmé.

Le Tour passera aussi à Juliers qui fit partie du territoire français de 1794 à 1814 et à Aix la Chapelle, d’où Charlemagne perclus de rhumatismes et son équipe de Carolingiens ont longtemps verrouillé la course et son empire.

Un petit conseil tout de même pour finir ? : s’ils veulent conserver leur crâne dans un meilleur état que celui découvert dans la grotte de Neandertal en 1856, les concurrents doivent bien ajuster leur casque tout au long du parcours, car chacun sait que la première étape est toujours nerveuse, que dans un peloton de près de 200 coureurs, ça frotte du départ à l’arrivée encore plus que dans un slow torride ... vous ajoutez la foule au bord de la route qui ignore le danger qu’elle court pour elle-même / et qu’elle fait courir aux champions par ses excès d’enthousiasme et sa chasse aux selfies !

Bref, gare à la chute ! Et en matière de chute, ce sera la mienne pour aujourd’hui !

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