Une histoire parallèle du Tour de France. Aujourd'hui halte au Luxembourg, avec Charly Gaul qui aimait les ciels noirs, le froid et la pluie, et sentait bon la pharmacie

Charly Gaul Ici sur le Criterium du Dauphine Libéré en 1952 lors de l’étape entre Gap et Grenoble
Charly Gaul Ici sur le Criterium du Dauphine Libéré en 1952 lors de l’étape entre Gap et Grenoble © Maxppp / Archives Le Dauphine Libere

Roulons z’en France , Un Tour en France avec le regard décalé de Denis Cheissoux, croyant et pratiquant du vélo aujourd’hui 3e étape : Verviers Longwy en Meurthe en traversant le Luxembourg.

Nous quittons Verviers et ses demeures somptueuses liées à l’industrie lainière qui fabriqua jadis surement des maillots de coureurs ; c’était avant l’avènement du vortex , lycra qui donnent aujourd’hui un sexe appeal inoubliable aux hommes qui les portent. Essayez d’emballer avec un maillot de coureur, c’est pas toujours gagné ! C’est à toute allure que les coureurs quitteront la Belgique puisqu’ils emprunteront une partie du circuit de Spa-Francorchamps, l’un des plus rapides du championnat de Formule 1 ce qui est un peu exagéré puisque les coureurs ne devraient pas dépasser 50 à l’heure. Puis ils dévaleront du nord au sud du Luxembourg. Enfin, dévaler est vite dit parce que le Grand-Duché est très vallonné !

Le Luxembourg compte cinq victoires au Tour de France,

Faber en 1909, Frantz en 27-28, Gaul en 58 et Andy Schleck en 2010, mais sur tapis vert.

Cinq victoires, autant qu’au Concours de l’ Eurovision de la Chanson « Luxemburg, three points ! » - Rappelez-vous la victoire en 65 de « Poupée de cire, poupée de son » Gainsbourg et France Gall étaient quasi Luxembourgeois. Car l’Eurovision, c’est un peu le seul moment où le Grand Duché se rappelle que le français est l’une de ses trois langues officielles. Ses célèbres établissements financiers préfèrent, eux, parler anglais, comme chez Clearstream, au hasard. Parmi les personnalités luxembourgeoises, j’avais le choix de vous parler de Jean Claude Juncker ou de Charly Gaul.

Je n’avais envie de plomber l’ambiance de votre première Marc, j’ai choisi Charly Gaul.

Un Luxembourgeois surnaturel. Frêle, jambes fines, lumineux sur un vélo, surnommé L’ange de la montagne. Si Bahamontès se réalisait sous le soleil, Gaul aimait les ciels noirs comme le bitume. Le craquement des nuages le stimulait. Il captait l’électricité des éclairs et la redistribuait sur la route/ moulinant encore plus vite sur son petit braquet. « Parlez moi de la pluie et non pas du beau temps, le beau me dégoute et fait grincer les dents de ma roue libre arrière » Gaul aimait le froid, la pluie, les ciels compliqués. Il avait passé un pacte avec les éléments. La neige, l’orage étaient ses compagnons de victoire. La foudre rythmait ses démarrages.

Sa bataille dans la tempête de neige du Giro 1956 à Monte Bondone fût son exploit barométrique. Mais le grand exploit, en 1958, il est là, dans le froid17’ de retard au départ de Briançon 1’ à Aix Il aimait rien tant que retourner les situations. Surdoué du pourcentage alpestre, il ne se cachait pas de consommer parfois plus de pilules sentant bon la pharmacie que ses concurrents...

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