Quittons Troyes, la cité gauloise des Tricasses qui possède ¼ de la surface des vitraux d’Europe...

Le Tour de France à Nuits-Saint-Georges en 2011
Le Tour de France à Nuits-Saint-Georges en 2011 © AFP / LIONEL BONAVENTURE / AFP

Car il y a 13 églises gothiques plus flamboyante que Thibault Pinot dans la grimpée de la Planche des Belles filles…. mais qui n’a pas dit son dernier mot. C’est plutôt le Pinot noir qui sera à l’honneur aujourd’hui, j’y reviendrai.

Si le peloton va pendant une bonne moitié de l’étape suivre la Seine, ce n’est évidemment pas déjà en direction de Paris, mais en remontant le fleuve vers sa source. J’ai renoncé à compter le nombre de communes traversées dont le nom s’achève par « sur Seine » aujourd’hui. Mais tenez / au km 26, ce sera Bar-sur-Seine. On avait vu Bar-Le Duc , patrie des Michaux qui en rafistolant une draisienne ont inventé dans leur start-up, la pédale dans les années 1860, bref des Dieux pour aime le vélo.

Ce mot de « bar » Denis, d’où vient-il ?

viendrait du pré-celtique ou du gaulois et Signifierait « hauteur », « sommet boisé », où se seraient installés les premiers habitants de ces sites avant de redescendre plus tard dans la plaine. Car, de sommet ou de hauteur, aujourd’hui, rien de bien saillant sur tout le parcours : une aimable taupinière de 2,5 km affublée d’une ombre de prix de la montagne histoire de faire plaisir au sponsor.

… Et vers Bar sur Seine …

Hé ! là regardez, même si le Tour ne passe pas directement à Essoyes … sur le bord de la route, un chapeau qui n’a pas été distribué par la caravane, dessous une barbe, des pinceaux, un chevalet … c’est Pierre Auguste Renoir qui saluera les coureurs.

C’est là qu’il va trouver l’ambiance, les lumières, les couleurs de sa peinture. « Le Tour a bien changé, depuis la Belle Epoque, ce ne sont pas les couleurs qui manquent mais où sont les gueules, les vraies ? on dirait des angelots survitaminés et ils n’ont plus de regard avec leurs lunettes sponsorisées … Pourrais-je en faire un tableau … ou bien je retourne à mes Laveuses et mes paysannes ? »

Tenez un son intéressant !

Comme pour faire oublier Vittel et autres villes d’eau tout aussi charmantes que parfois déprimantes entrevues depuis le départ, le final de l’étape regorge de noms à faire saliver les connaisseurs: pour un peloton de coureurs qui a fait vœu d’abstinence en presque tout, les faire passer à Gevrey-Chambertin, à Vougeot est une provocation des organisateurs.

Quant à l’arrivée proprement dite, elle est jugée dans une capitale du vin : Nuits St Georges !

Beaune et ses hospices sont à une portée de pédalier, c’est dans cette région et aussi en Lozère que fût tournée cette vadrouille aussi mythique que vélocipédique

Une autre façon d’envisager le vélo…

Nuit St Georges donc … enfin une ville pour les suiveurs. J’ai eu le bonheur d’animer quelques années l’émission d’Agnès Vincent Autour du Tour sur France 3. Le constat est sans appel.

La consommation d’alcool d’un bon nombre de suiveurs du peloton était inversement proportionnelle à la quantité d’eau avalée par les coursiers. Comme pour compenser cet ascétisme vélocipédique insupportable.

Les porteurs du maillot rouge sont dans la caravane

Antoine Blondin adepte des Bars parallèles, déposait ses notes de frais très vinifiées au journal l’Equipe et écrivait sur la facture « Verres de contacts »

Ces écarts-là nous renvoient à des temps semi révolus !

Sera t’il si tard, km 183, quand le Tour passera devant l’abbaye de Citeaux, la mère de l’ordre cistercien depuis 1098. Cela dit les moines n’étaient pas les derniers à boire.

Si certains suiveurs ou coureurs ont des écarts à se faire pardonner et qu’ils n’ont pas eu le temps de les confesser avant le départ dans une des églises troyennes, que j’évoquais au début de ce billet, qu’ils tournent un instant les yeux vers l’édifice religieux. On ne sait jamais, ça pourrait un peu purifier les âmes de certains sprinters, et nous apprécierons cette étape gouleyante qui devrait avoir de la cuisse.

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