Bizarrerie géographique : pour aller de Périgueux à Bergerac, il n’y a pas 50 km en ligne droite par la N21. Eh bien, le peloton va devoir en parcourir 178 pour le même résultat.

Paysage du Périgord
Paysage du Périgord © Getty / Leo Mol / EyeEm

Les organisateurs, ont dessiné une grande virgule, suivant les vallées de la Vézère et de la Dordogne. Voilà ce qu’on appelle une étape de transition où, quelques volontaires montreront le maillot, précédant un peloton bien décidé à les avaler aux alentours de la flamme rouge pour laisser la parole aux sprinters…

L’étape risquerait donc de paraître longue ... comme le nez de Cyrano, si elle ne se déroulait pas dans l’un des plus beaux décors naturels que la France peut offrir. C’est un véritable dépliant touristique qui nous est proposé entre Périgord blanc de la région de Périgueux, Périgord noir du côté de Sarlat et Périgord pourpre pour finir à Bergerac. Blanc comme le sol calcaire, noir comme sa terre et ses chênes verts, pourpre comme la couleur des vignes à l’automne.

La Dordogne, fleuve ou rivière ?

Et là un serpent d’eau, une merveille, j’ai nommé la Dordogne, mais Guy Pustelnik d’Epidor, est ce un fleuve ou une rivière ??? Départ depuis la cathédrale Saint-Front de Périgueux jusqu’à l’église Notre-Dame à Bergerac, les coureurs traverseront, hélas, des villages classés parmi les plus beaux de France : Beynac, Domme, La Roche Gageac ; ils passeront à proximité immédiate de la grotte de Lascaux à Montignac, la vraie, découverte en 1940 et ses répliques parfaites. Ils ont pas rajouté un vélo sur les parois au milieu des chevaux, des aurochs, du renne et de l’ours. Il y a 18500 ans, le vélo était encore une préoccupation relative rapport aux urgences du Cro Magnon moyen. Et puis il n’avait pas eu le temps d’inventer ni la roue ni le cuissard.

Un peu plus loin, ce sera le site préhistorique des Eyzies qui met en valeur le célèbre homme de Cro-Magnon. Après son passage à Neanderthal le deuxième jour, le Tour aura mis en valeur l’homo sapiens autant que l’homo pédalens…

Puis ce sera Sarlat, la ville de La Boétie, bien sûr l’équipier de Montaigne, « parce que c’était moi, parce que c’était lui »…Etienne de La Boetie, l’auteur du « Discours sur la Servitude volontaire » à ne pas mettre entre les mains des coureurs. Il écrit en effet : « Soyez résolus à ne plus servir et vous voilà libres ». Mais alors plus de sport cycliste, car plus d’esprit d’équipe, plus de gregarii, plus de porteurs d’eau… mais pour autant faut il mettre un genou devant Froome jusqu’au 23 juillet, non, Romain Bardet tu vas nous le montrer.

Le Périgord, une région pour les gourmands

Que ces pauvres coureurs n’écoutent pas non plus ce qui va suivre, car ce Périgord béni est la terre d’une des cuisines régionales les plus riches : truffe noire, foie gras, ses confits, pommes de terre sarladaises, pour farter la glotte, un coup de Montbazillac sans compter les bataillons de ceps qui descendent des collines pour se jeter dans votre panier ... rien que des produits aussi interdits aux champions que l’EPO mais peut être moins dangereux à long terme.

A Bergerac, l’arrivée est jugée allée Lucien Videau, assez loin de la place Pélissière où trône la statue du personnage principal de la pièce en langue française la plus jouée, je veux parler bien sûr de « Cyrano de Bergerac » d’Edmond Rostand. La ville peut remercier les libertés prises par Rostand par rapport à la vérité historique car le vrai Savinien Cyrano de Bergerac, l’auteur des « Etats et Empires de la Lune », n’était absolument pas gascon et son Bergerac renvoyait à une terre de la vallée de Chevreuse, près de Paris ! On est plus près de 17 tournants.

Mais il est une devise du Cyrano de Rostand qu’un coureur mauvais grimpeur / mais refusant les poussettes pourrait faire sienne :

Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

A demain ...

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