D’un certain point de vue, c’est aujourd’hui l’étape des extrêmes. D’un côté, une ville de départ inédite ; à l’arrivée, la cité qui a accueilli le plus souvent le Tour depuis 1947

Denis Cheissoux à ... Cheissoux dans le Limousin
Denis Cheissoux à ... Cheissoux dans le Limousin © Radio France / Denis Cheissoux/France Inter

: avec 49 arrivées et 51 départs pour un total tout rond de 100 !

Eymet, en Dordogne, est l’une des 10 villes nouvelles de cette édition de 2017. 2760 habitants, ce qui en fait la ville la moins peuplée des petites nouvelles après Laissac-Séverac l’Eglise, d’où nous partirons dimanche prochain.

Vous avez fait des recherches, Denis, pour trouver ce qui a valu à cette charmante bourgade cet honneur recherché de voir le Tour y installer un départ.

L’idée d’un slogan facile, comme Eymet le Tour, l’endroit ne grouille pas de célébrités. Et puis, j’ai vu que sur les 2760 résidents de la commune, un quart était des Anglais.

Nous y voilà ! D’abord des sujets de Sa Gracieuse Majesté qui aiment un coin de France au point de s’y installer, - et Dieu sait qu’en Dordogne, cela fait des décennies qu’ils sont venus en nombre, c’était bien la peine de bouter hors de France .

En ces temps de Brexit, ça valait un coup de chapeau.

Et voici un départ où le dernier vainqueur du Tour, aujourd'hui en jaune, sera applaudi sans retenue, ce qui n’est pas toujours le cas ailleurs. Ne serait-ce que pour Froome, Eymet méritait ce départ !

En ce qui concerne Pau, en revanche, pas la peine de chercher bien loin une explication. Inutile de s’attarder sur le bon roi Henri, sur le Prince Bernadotte, encore moins sur François Bayrou.

Si le Tour aime tant la ville de Pau, c’est qu’elle est par nature la porte d’entrée ou de sortie des Pyrénées.

Pas étonnant que le Tour y soit honoré par ce musée interactif, « le Tour des Géants » Installé sur l’emplacement de l’ancien vélodrome: c’est ici qu’un hommage sera rendu aux trois vainqueurs disparus depuis un an : le suisse Kubler, les français Walkowiak et Pingeon. 104 totems en fonte à l’effigie des vainqueurs, créés par la fonderie Gillet, une scoop reprise par ses ouvriers à Albi

Parmi les vainqueurs à Pau, Coppi, Hinault, Sean Kelly, Zabel toujours des sprinters si on arrive des Landes, toujours des grimpeurs si on descend des Pyrénées. Et … Jean Robic gagne le 1er Tour d’après-guerre en 1947 sur les routes défoncées d’un pays en ruine, il gagne à Pau.

1m61 61 kg il a boxé/ tel Marcel Cerdan/ les 4 cols entre Luchon et Pau

Robic murmure à l’oreille de son épouse « Je suis pauvre, je t’épouse, le Tour de France sera mon cadeau de mariage » c’était 3 jours avant le départ du Tour. Je vous renvoie à l’excellent livre de l’ami écrivain palois Christian Laborde Robic 47 Ed. du Rocher

Que dire pour le reste des 203 km du jour ? Passée la Garonne à Marmande, Gers, les Landes, étape sans difficulté, dans cette jolie Guyenne. Ce ne sera pas non plus une de ces étapes interminables, comme celles d’antan qui ramenaient le peloton à Bordeaux. Ici c’est la Chalosse verte et variée plus rigolote qu’une forêt landaise rectiligne.

Plein de communes qui se terminent par quelque chose en Armagnac : la part des anges agira-t-elle ? Rendra-t-elle la course plus nerveuse et moins écrite à l’avance, paraphée par un sprinter ?

A mi-parcours le passage à Labastide d’Armagnac justement Denis

Notre-Dame des Cyclistes. C’est ici que l’ Abbé Joseph Massié qui avait redécouvert une vieille chapelle ensevelie sous les ronces avec un groupe d'enfants, et bien ce fan de vélo eut l’idée en 1959 de créer un lieu de recueillement en l’honneur des champions. L’idée plut au pape Jean XXIII /après tout une chapelle du même type existait déjà au bord du lac de Côme/ la fameuse Madonna del Ghisallo. Un vitrail fut même conçu par l’ancien champion Henry Anglade !

Dire que la dite Notre Dame fût très efficace depuis le départ du Tour pour éviter les chutes serait un peu exagéré. Quant à St Christophe, il était en RTT car pour les coureurs, ce fut un peu plus près du bitume/ que plus près de toi mon Dieu.

A côté de la Sainte Vierge, un petit musée expose des maillots de Lapébie, Bobet, Anquetil, Poulidor, Simpson, Merckx, Ocana, Hinault. Mais n’y cherchez plus celui de Lance Armstrong ! Il a été retiré en 2012, car négocier avec le Diable des hosties à l’EPO-cortisone ce n’était pas très bien vu.

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