Nous quittons Pau, cité d’un roi de Navarre devenu roi de France...

Denis Cheissoux
Denis Cheissoux © Radio France / Denis Cheissoux / France Inter

D’un maréchal d’Empire devenu roi de Suède et de Norvège et d’un maire qui n’aura gardé les Sceaux que pendant un petit mois… Mais chut il paraît que quand il est fâché, il appelle la rédaction de France Inter.

Pyrène ! La belle Pyrène dégrafe son corsage, 2 jours la déesse des Pyrénées ouvre son théâtre de beauté qui sera un ring pour les grimpeurs. La vérité du Tour se dévoile sur le dos de la montagne qui fait et défait ses lacets. Les si délicats cow boys sprinters font aussi le Tour mais ils n’en font pas la légende.

Après avoir gravi « La pente est peinte » hommage pictural aux vainqueurs d’étape à Pau, signé des étudiants de l’école supérieure d’arts des Pyrénées,

Il faudra ouvrir le cahier des cols et en avaler 4 avant l’arrivée.

Haute Garonne, on entre dans le comté de Comminges qui connait son apogée au 11e siècle avec des chevaliers casqués mais sans cuissard sans bidon

La cathédrale fortifiée de St Bertrand de Comminges, étape du chemin de St Jacques, regardera ces drôles de pèlerins du dérailleur et une caravane peu habitée, me semble-t-il par l’esprit de Compostelle. Puis les jolis cols des Ares et de Menté. peu ardus par ce versant /ne seront que des marches pied avant la bataille.

Descente rapide et serrée.

Et les démons de la course étaient au rendez-vous le 12 juillet 1971…

Avec Luis Ocana, beau grimpeur fier, fragile, orgueilleux. Quel besoin avait-il pour se jeter à corps perdu dans la descente de ce col de Menté et de s’y rompre les os ? Sur les basques d’Eddy Merckx, Ocana possédait plus de sept minutes d’avance et le Tour était presque joué. Il a plongé et chuté dans le cœur de l’orage

Le voici le lendemain à l’hôpital de St Gaudens

Au pied du col de Mente, La Garonne aussi attend les coureurs toute jeunette, guillerette, avec son petit accent espagnol. Peut-on dire que quelques centaines de km plus loin, la jeune Garonne deviendra gironde ? Le Tourmalet qui n’est pas gravi cette année, n’en prend pas ombrage : « Allez, place aux autres ! De toute façon, Tour ou pas, des milliers de cyclistes passent sur mes épaules »

Vallée du Barousse, la rivière s’appelle l’Ourse et aux granges de Crouhens, on grimpe sec dans les feuillus plus fort que le torrent, puis vers 1500 m, on sort dans les estives ; cet ancien chemin forestier et pastoral de toute beauté mène votre bicyclette au Port de Balès goudronné de frais en 2007 pour accueillir son premier Tour.

Ce n’est pas suffisant …

toujours dans le cahier des cols, avalons les 9 km de Peyresourde, joli nom, la pierre isolée qui sourd, il y a une source non loin du rocher ; on quitte la Haute Garonne, bascule vers la vallée du Louron dans les Hautes-Pyrénées, castagne dans la courte descente, virage à gauche, arrivée sur l’altiport de Peyragudes. Les commentateurs vérifieront si un coureur porte le dossard 007 et répèteront en boucle qu’un James Bond y fût tourné en 95.

Je préfère vous dire que la source de vie, l’eau / est dans le mot Agudes, que Balès signifierait costaud en occitan / et donc que Balèze, il faudra l’être assurément

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