Quand les frontières sont fermées, on est de fait et très vite, entre soi . Et souvent les régimes et les Etats sont là pour vous rappeler que c’est dans cette direction qu’il faut aller. Rester chez vous, restez tranquille. Sauver la patrie, le pays, des invasions multiples, et des dangers. Sans forcément s’en rendre compte on s’habitue à ne voir que les mêmes. A Gaza il n’y a que des gazaouis. A Moscou la communauté musulmane a du mal à se faire une place. Les migrants sont regardés de côté.

La rencontre avec l’autre, le face à face, est souvent violent. C’est une confrontation. La conscience du monde extérieur, de ce qu’il a de vaste, se réduit. Quand on est à Gaza on ne pense pas vraiment qu’une vie sans guerre sans occupation cela existe. A Moscou à l’intérieur de la Russie on n’imagine pas forcément que le pays soit poreux à de nouvelles influences. Et pourtant, l’autre, l’étranger est là.

Anthropologue à Moscou : DIMITRI, 26 ans #ouvert

Tchétchène à Moscou : MOGAMED, 24 ans #cicatrices

Blessé à Gaza : MOOMEN, photographe #vivant

Gazaouie d'adoption : DEEMA, femme de Moomen et journaliste.

  • A Moscou, DIMITRI a 26 ans, il est anthropologue, il a consacré son doctorat… aux rituels des esquimaux. Depuis qu’il est revenu dans la capitale il travaille avec les migrants et s’intéresse à l’histoire des musulmans de Russie… il est en lien avec les tatars, les ouzbeks, les tadjiks.
dimitri - Moscou
dimitri - Moscou © Aurélie Charon
Maison tatare - Dimitri
Maison tatare - Dimitri © Aurélie Charon
  • MOGAMED a 24 ans… casquette sur la tête et t shirt de toutes les couleurs, et l’air un peu malicieux. Il travaille dans un restaurant daghestanais. Il voudrait retourner voir sa famille mais vu le chômage en Tchétchénie il hésite. Et puis selon la tradition, il doit s’occuper de sa mère à Moscou qui vit seule. Il a grandi petit en pleine guerre de Tchétchénie c’était en 1994… depuis les bombardements, il ne parle plus si facilement, il bégaie.
Mogamed
Mogamed © Aurélie Charon

A Gaza, ce qui marque, c’est qu’il n’y a que des Gazaouis.

  • MOOMEN a grandi ici, il est photographe. Il a toujours voulu montrer la vérité de Gaza, prendre les photos de la vie ici, du quotidien mais aussi des guerres. En 2008 à la frontière il est victime d’un missile… il est touché, à terre. Emmené à l’hôpital Shifa de Gaza… il perd ses deux jambes, amputées. Il sait bien que dans des conditions normales les médecins auraient pu le sauver sûrement, mais là pas assez de matériel. Une fois à l’hôpital, il reçoit les éclats de vitre d’un nouvel obus sa main est touchée… Il est transféré en Arabie Saoudite, reste dans le coma quelques mois avant de se réveiller…
Moomen, Rami le traducteur et Aurélie
Moomen, Rami le traducteur et Aurélie © Aurélie Charon
Moomen photographie une manifestation pour les prisonniers palestiniens
Moomen photographie une manifestation pour les prisonniers palestiniens © Aurélie Charon

Après une journée de plage puisque c’est vendredi… je rejoins Moomen et sa femme DEEMA . On passe sur la corniche dans laquelle investit les qataris… les grands hôtels aux chambres vides sans touristes… on avance entre les motos qui sont arrivées à Gaza pour la première fois par l’Egypte il y a seulement quelques années et dont les gazaouis ont appris petit à petit à se servir… et on s’installe juste à côté d’une paillotte peinte aux couleurs de la Syrie, tenue par un syrien réfugié à Gaza.

Deema, la femme de Moomen
Deema, la femme de Moomen © Aurélie Charon

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