Nature épuisée, nature martyrisée ... et en même temps, nature commercialisée et sacralisée dans nos supermarchés ! Victime du phénomène "greenwashing", le "naturel" ne serait-il pas devenu un business ? Et comment s'y retrouver ?

 La Nature nous veut-elle toujours du bien ?
La Nature nous veut-elle toujours du bien ? © Getty / Picturenet

Bien sûr que je m’y connais, en arbre ! C’est des grands trucs avec un tronc et des feuilles. Parfois, il y a des pommes, du coup c’est des pommiers. Parfois, il y a des marrons, du coup c’est des marronniers. Parfois, ils pleurent, du coup c’est des saules. Hyper calée en arbres, je suis. 

Je n’irais pas jusqu’à les câliner attention, je suis pas folle, en plus j’ai peur des forêts. Les forêts, c’est plein de bêtes.  Ah si, si, pardon, la dernière fois que j’ai conduit de nuit en Corrèze, on a été attaqués par la bête du Gévaudan. Bon, les locaux m’ont dit après coup que c’était un gros chien perdu mais qui croit les locaux ? 

Ok, j’avoue, la nature ne m’est pas naturelle. Je suis une fleur de bitume. Même pas bobo, juste Parisienne. Une caricature. J’identifie maximum cinq fleurs au premier coup d’œil, dont la rose – qui ne compte pas, trop fastoche. Comme herbe, je sais reconnaître… euh ben, l’herbe quoi. Et les orties, parce qu’elles m’ont bien eue petite. 

J’achète mes œufs bio au supermarché, je les paie un bras, en même temps j’aimerais bien voir la tête de mes voisins si j’adoptais des poules en appartement. Je passe mes étés à chercher des tomates qui aient un goût de tomate. La dernière en date, une tomate de jardin dégustée religieusement chez des amis à Montauban, elle était tellement bonne que je l’ai prise en photo. 

Bref, faut pas me lâcher dans la nature et espérer que j’y survive sans pique-nique. Après, je la respecte, promis. Je trie mes déchets, je limite le plastique mais, si je suis honnête, je flingue les moustiques. Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés. J’espère quand même qu’un jour j’aurai une maison à la mer, au pire à la campagne. Avec du bon air quand j’ouvre les fenêtres, et une grande ville pas loin pour marcher sur des trottoirs. Je suis une cause perdue. Pardon.

La nature nous veut-elle vraiment du bien ? Je vous préviens tout de suite, je sais que c’est une question un peu provoc’, pas la peine de me gronder sur Twitter ! On vit une époque paradoxale : on martyrise la nature, on l’épuise, on la ruine, et en même temps, elle n’a jamais été aussi sacralisée dans nos supermarchés. Le business du « naturel », de la « détox », des huiles essentielles et des produits bio se porte comme un charme et profite de notre panique pour se faire une santé de fer. 

Avec nous ce matin : 

  • Adeline Trégouët, rédactrice en chef des hors-séries de 60 millions de consommateurs. Le dernier en date, "Naturel, l'envers du décor", est actuellement en kiosque. 
  • Marie-Laure Mégret Gabeaud, allergologue au Groupe Hospitalier Paris Saint-Joseph, à Paris.  
  • L'herboriste Stéphane Meyer, "le Druide de Paris"

Nous retrouverons également Clémence Langé, journaliste chez Grazia, qui nous parlera de la vague spirituelle qui déferle sur la mode. 

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