Je me souviens du premier 45T que j’ai acheté toute seule, avec mes sous, au Lido Musique des Champs Elysées. C’était « Cherchez le garçon », de Taxi Girl.

La musique de nos ados, on y comprend rien, mais c'est normal
La musique de nos ados, on y comprend rien, mais c'est normal © Getty / William Perugini

Je me souviens de ma première platine vinyle avec bras automatique, c’était beau comme le futur de Star Trek. 

Je me souviens de la première fois que j’ai vu le clip de Let’s dance, de David Bowie, et de comment je suis tombée amoureuse de lui pour toujours.  

Je me souviens de la tête de ma mère la première fois qu’elle m’a vue partir au lycée avec les cheveux crêpés comme Robert Smith, le chanteur des Cure. 

Je me souviens que le piratage, dans les années 80, ça consistait à revenir d’Angleterre avec des disques plein sa valise. 

Je me souviens qu’ado, une journée sans musique ne méritait pas d’être vécue. 

Des ados, aujourd’hui, j’en ai deux à la maison. Une qui finit sa mue et une autre qui la commence. Elles n’ont jamais possédé de vinyl, elles n’achètent même pas de CD, mais elles ont des écouteurs dans les oreilles en permanence. Et ce qu’elles jouent dedans demeure un mystère bien gardé. 

Forcément, quand je capte un son de rap ou une chanson autotunée, je me demande à quel moment je suis devenu mon père. Feu mon père, devrais-je préciser. Feu mon père qui trouvait qu’après 1975, la chanson française avait essentiellement produit du boucan. 

La musique des ados nous date plus sûrement que le carbone 14. Quand j’entends Booba ou Jul, je me sens larguée. Préhistorique. 

Et rien que pour ça, les ados méritent qu’on leur dise d’aller ranger leur chambre, non mais sans blague !

Pour discuter de la musique des ados ce matin :

Programmation musicale 

  • Eddy de Pretto "Quartier de lunes"
  • Courtney Barnett "Need a little time"
  • The Cure "Boys don't cry"
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