La première fois que ma mère m’a emmenée voir un concert de Julien Clerc, je devais avoir cinq ou six ans. C’était au Palais des Sports. Elle avait prévu assez de temps pour dîner dans une brasserie en face, elle se disait qu’on croquerait un monsieur avec une salade, un truc léger, pourtant elle connaissait Raoul…

Un été pour manger moins de sucre
Un été pour manger moins de sucre © Getty / VICTOR DE SCHWANBERG/SCIENCE PHOTO LIBRARY

Raoul, c’est moi. Ce soir-là, du haut de mon mètre 10, j’ai commandé une douzaine d’escargots de Bourgogne et une choucroute. Imaginez Bernard Blier déguisé en petite fille, vous voyez le bouzin ?

Quand maman m’a demandé en rigolant si je voulais un dessert, j’ai répondu non. Raisonnable et rusée, je me gardais une petite place pour une Barbapapa pendant le concert.

Je me souviens à peine du spectacle, et Dieu sait que j’aime Julien Clerc, en revanche je me rappelle parfaitement avoir eu soif et les mains qui collent. La Barbapapa était aussi énorme que la patience de ma mère. 

Pourquoi je vous raconte tout ça ? 

Parce qu’on peut plus rien manger et que j’ai toujours un Bernard Blier en moi qui réclame des trucs goûtus. Des douceurs. Un susucre. 

Et voilà qu’on me traite de droguée. Qu’on m’annonce que le sucre, c’est pire que la coke. Que mon foie ne me le pardonnera pas. Comme on m’a déjà presque tout enlevé - le gras, le sel, la viande, le poisson, la vie quoi -, j’étais prête à éparpiller tout le monde façon puzzle. 

Et puis, en lisant mieux, j’ai compris que la Faculté voulait bien m’en laisser un peu, du sucre. Mais du bon. Du qui avance au grand jour, pas planqué dans les lasagnes au cheval et les sushis de supermarché. 

Alors je vais l’écouter, la Faculté. L’idée, c’est quand même que je vive assez vieille pour emmener mes petits-enfants à un concert de Julien Clerc. Et leur offrir une Barbapapa. 

Pour parler autour de la table 

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