Parisienne née à Paris de parents parisiens, je cultive un tenace tropisme corrézien. Si je devais me trouver une racine quelque part, elle serait à Lamazière-Basse, où ma famille maternelle tint jadis une modeste épicerie de village.

Bal des pompiers à Paris en 2015
Bal des pompiers à Paris en 2015 © Getty / Rafael Yaghobzadeh

Enfant, j’y passais des vacances dont la liberté n’était interrompue que par les cloches de l’église romane : à midi et à sept heures, il fallait rentrer dare-dare sous peine de se faire gronder par Tata Lulu, très à cheval sur l’heure des repas. 

Tout l’été, avec mes cousins, on attendait la fête de Lamazière, les manèges, la retraite aux flambeaux et surtout, surtout, le bal. Les bals, en fait. Celui du samedi, soi-disant pour les jeunes, et celui du dimanche, plus tradi, avec du musette. Je savais pas danser ça mais j’y allais quand même. On n’avait pas la télé. 

Ma mère aimait tout, valse, java, tango, rock...

Avec sa sœur et leurs cousins, ils avaient couru les bals toute leur adolescence, de Neuvic à Saint-Angel. Pour écouter Jean Ségurel et son accordéon, dans les années 60, la foule venait de toute la Corrèze et ne quittait le parquet que contrainte et forcée. 

La légende raconte que Paulo, le garagiste-forgeron du village, un type mastoc qui devait dormir en bleu de travail, se transformait en Fred Astaire à la première note. Mais la plus forte, c’était paraît-il mon arrière-grand-mère, qui faisait 11 kms à pied pour aller guincher, 11km à pied pour rentrer, et répétait à qui voulait l’entendre : 

La seule chose à savoir, c’est qu’on ne bouge pas les épaules quand on valse. 

Au programme de l'émission : 

  • Jean-François Aurenty, réalisateur du documentaire Retour au bal

La liste des bals de pompiers en Ile-de-France ICI 

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