Quand ma fille aînée était petite, à chaque fois que quelqu’un lui demandait si elle voulait un petit frère ou une petite sœur, elle répondait fermement : « Non, je voudrais un chien. »

La jalousie est-elle qu'un vilain défaut ?
La jalousie est-elle qu'un vilain défaut ? © Getty / Chris Tobin

Quand elle a hérité d’une sœur, à l’âge avancé de 7 ans et demi, les mêmes questionneurs inconscients ont remis ça : « Tu es contente d’avoir une petite sœur ? » « Non, je voulais un chien. » On ne pouvait pas l’accuser de nous avoir pris en traître. 

Ce qu’elle aurait partagé de bon cœur avec un labrador – ah oui, forcément, elle voulait un gros chien – lui coûtait atrocement quand il s’agissait d’un autre humain, du même sexe qui plus est. A croire que tout ce qu’on donnait au bébé, on le lui volait à elle. 

Treize ans plus tard, tout va à peu près bien, merci

Mes filles n’en sont plus à compter les grains de riz dans l’assiette de l’autre. N’empêche, je sens bien que je marche sur un fil tendu au-dessus d’un précipice et qu’au moindre écart, je risque d’être accusée de favoritisme et traduite en cour martiale des mères indignes. 

J’ai l’air de me râler comme ça mais même pas. Je comprends. Mieux, je compatis. D’abord parce que c’est difficile d’admettre qu’on est jaloux – la jalousie, c’est la lose, un truc de boloss  dans une société qui préfère l’arrogance – mais je compatis surtout parce que ça n’ira probablement pas en s’arrangeant. 

Un jour, elles seront amoureuses, pour de vrai, pour toujours croiront-elles, et elles tiendront pour acquis d’être la seule, l’élue, l’unique. Et là, je plains les garçons qui feront les marioles : mon petit doigt me dit qu’à côté de mes filles, Médée, c’est sœur Emmanuelle.

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