Je vous vois, vous savez ! Pendant qu’on trime, ici, dans la chaleur de la ville, je vous vois poster vos insolentes, vos scandaleuses photos de vacances sur Facebook.

Nos photos
Nos photos © Getty / Yiu Yu Hoi

Toutes ces piscines bleues. Tous ces romans posés sur des serviettes bariolées. Tous ces corps pas encore bronzés, ces gamins hilares sur la plage, ces paysages bretons, provençaux ou grecs, qui parlent d’été, de farniente, de bonheur. 

Elles sont chouettes, vos photos 2018, mais il leur manque un truc : le suspense. Le suspense de l’argentique. Ce moment fatidique où on allait récupérer les tirages au labo, à la rentrée, et où on en découvrait des floues, des ratées, des moches, mais aussi des tellement belles qu’on se souvenait pas de les avoir prises.  

Oh j’ai fait comme tout le monde hein, je me suis mise à la photo smartphone, je mitraille les gens que j’aime et tout un tas de choses impensables il y a dix ans : le numéro de ma place de parking, une paire de chaussures qui me tape dans l’œil, n’importe quoi. 

Sauf que le papier me manquait. Le bon vieux papier, de la bonne vieille photo qu’on encadre ou qu’on fixe dans un album. Du coup, mon chéri m’a offert une imprimante à smartphone. Et je me suis mise à imprimer des petits clichés par dizaines, à guetter leur sortie de la machine, à refabriquer des moments de suspense. 

Et quand il a fallu les ranger, comme je vis au XXIe siècle et qu’il n’y a pas marqué « mamie », je me suis créé un mur, mais un vrai mur, un mur en dur. C’est là que j’expose mon bonheur à moi. J’aime pas me vanter mais voilà : je suis un peu la meuf qui a réinventé Instagram sur le mur de sa cuisine.

Au programme jusqu'à 10h : 

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