Il y a quelques années, j’ai fait le choix de vivre dans un monde parallèle où la téléréalité n’existe presque pas.

Pourquoi la vie des people nous fascine ?
Pourquoi la vie des people nous fascine ? © Getty / Caiaimage/Chris Ryan

En bon tyran, j’ai carrément menacé de casser la télé si je découvrais un jour mes filles affalées devant les Marseillais, les Ch’tis ou les Anges, tous ces neuneus qu’on balade de Dunkerque à Pétaouchnok dans le but évident d’accélérer la fin de la civilisation.

Autant vous dire que personne ne m’a crue et que je n’ai pas la moindre idée de ce que mes ados matent sur leur ordi. Reste qu’elles se sont bien fichues de moi, au mois de mai, quand elles m’ont vue pleurnicher devant le mariage du Prince Harry et de Meghan Markle. 

J’avais allumé l’écran vers 11h, comme ça, pour m’informer, je suis journaliste nom d’une pipe, et puis bim, le trou noir. A 14h, pas douchée, hirsute dans mon kimono, j’avais zappé le déjeuner et je m’extasiais devant ce royal wedding multiculturel placé sous le signe du gospel. Entre nous, c’était quand même moins guindé que le mariage de William et Kate, non ?  

Pardon ? Comment je le sais ?  Ah mais parce que j’ai aussi regardé le mariage de William et Kate, il y a six ans. Ben oui, à chacun son opium du people, hein, moi c’est les British. La reine Elisabeth. La série The Crown. Les Rolls et les bibis mauves.  

Républicaine convaincue, nullissime en têtes couronnées, je suis au garde-à-vous chaque fois qu’un Windsor convole. Cette aliénation passagère de mes facultés mentales remonte loin, au 29 juillet 1981 pour être précise. C’est le jour où j’ai vu maman et sa cousine Nanou écraser une larme devant l’union du Prince Charles et de Lady Di. 

Si mes filles s’y mettent aussi, ça fera de nous une dynastie de cruches au rimmel qui coule. En attendant, God save the Queen !

Au programme jusqu'à 10h : 

  • Laurence Pieau, directrice des rédactions du pôle star de Mondadori, le groupe des magazines Closer, Téléstar et Télépoche.  
  • Carlos Gomez, ex-rédacteur en chef du service culture du JDD, journaliste free lance pour Gala, le nouveau Studio, Madame Figaro et auteur de « Voir Cannes et survivre », (l’Artilleur)
  • Jean-Marie Charon, sociologue des médias, chercheur à l’EHESS, enseignant à Sciences-Po Rennes et ingénieur d’études aux CNRS. Auteur de « Rédactions en invention » (UPPR)
  • Joséphine Lebard, journaliste freelance pour Psychologies magazine, Elle ou Marie-France et l’émission « Viva Cinéma » sur Cine+Classic.  
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