Où est-ce qu’on part pour les vacances ? Comment naissent les tendances du tourisme et nos envies de voyage ? Entre confort des habitudes, frisson de la découverte et pragmatisme financier, chacun traverse l’été à sa façon et se fabrique des souvenirs à convoquer toute l’année.

Ici le "Ponte della Paglia" à Venise, le 5 septembre 2017. Peut-on vraiment profiter des vacances, noyés au milieu des touristes ?
Ici le "Ponte della Paglia" à Venise, le 5 septembre 2017. Peut-on vraiment profiter des vacances, noyés au milieu des touristes ? © Getty / Apexphotos

Je discutais boulot au téléphone l’autre jour quand mon interlocuteur m’a dit « Je pars le 25 pour trois semaines, je ne serai pas joignable, je vais voir des orangs-outangs à Bornéo ».  Stupeur et tremblement de mon côté de la ligne... Il y a donc des gens qui passent leurs vacances à Bornéo avec des grands singes en voie de disparition, pendant que moi, la lose, j’en suis à me demander si c’est bien raisonnable de projeter une semaine en Espagne fin août. 

Du coup, maso pour maso, j’ai repensé à mes dernières vacances. Elles datent un peu, elles remontent à juillet 2017. Ma grande fille réclamait le Japon. La petite, le Portugal. Comme mon amoureux s’en fichait mais pas mon banquier, j’ai visé entre les deux. Direction la Dordogne. Qui est presque l’Angleterre, comme chacun sait, à la fois parce qu’il y a plein d’Anglais et parce qu’on a eu plein de pluie. 

On avait loué une petite baraque à un couple britannique, on avait des voisins britanniques, le dépaysement total. J’avais pondu un programme hallucinant à base de rien, ce qui est la définition même du farniente et qui obéit chez moi à la règle des trois B : bouquins, brocantes, bouffe. Autant dire que les ados auraient préféré Las Vegas. 

Je me souviens pourtant d’une soirée idéale à Trémolat, ravissant village perché où Claude Chabrol a tourné « Le Boucher ». Après un chouette dîner en terrasse, je me suis livrée à mon sport favori : le léchage de vitrine d’agence immobilière. Ma famille le sait et me pardonne : dès que je suis bien quelque part, je commence à regarder le prix des maisons. Ces dernières années, j’ai décidé de tout plaquer pour vivre à Venise, puis à Lisbonne, puis à Londres, puis en Corse et à Aix-en-Provence. Et puis j’ai rien plaqué du tout et j’ai repris le collier. Si tout se passe bien, dans un mois, j’envisagerai d’investir dans la pierre à Barcelone. Vivement la quille !

Autour de la table, des spécialistes du voyage et de ses tendances : 

  • Florie Bodin, co-fondatrice des éditions Nomades qui publie des guides de voyage
  • Stéphanie Tisserond, rédactrice en chef d’une nouvelle revue trimestrielle « L’âme des lieux » revue curieuse et voyageuse
  • Aymeric Renou, journaliste au service société du Parisien/Aujourd’hui en France, en charge du tourisme
  • La chronique de notre partenaire Grazia : Aurélie Lambillon nous parle des vacances comme si on était en 1995. Un article à lire dans le Grazia du 28 juillet.
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