Comment éduquer nos enfants à l’ère #MeToo ? Comment élever filles et garçons en détricotant les clichés sexistes qui risquent de leur empoisonner la vie ? Mais aussi : comment éduquer les adultes, le monde de l’entreprise, la société en général, pour voir advenir enfin une mixité apaisée ?

Les petits garçons seraient tous des chevaliers et les petites filles des princesses ? Non, plus au XXIe siècle !
Les petits garçons seraient tous des chevaliers et les petites filles des princesses ? Non, plus au XXIe siècle ! © Getty / Christopher Hope-Fitch

Ma mère a été élevée par sa grand-mère. Ma mère m’a élevée. J’élève deux filles. Comme on le chante chez Jacques Demy, il y a toujours eu des filles dans la famille. Ça tombe bien, je suis féministe.  

À mes ados, je dis qu’elles peuvent tout. Que l’expression « courir comme une fille » a été inventée pour Marie-Jo Pérec. Que « pleurer comme une fille » signifie qu’on a bien de la chance de pouvoir exprimer ses émotions. Je leur dis que le monde leur appartient. Qu’elles monteront l’Everest comme des filles. Qu’elles dessineront des fusées ou des talons aiguilles comme des filles. Qu’elles dirigeront la FIFA comme des filles, si ça leur chante.  

À la petite, je dis que oui, elle a raison de continuer la boxe. Et oui, elle peut aussi s’inscrire à la lutte en septembre. Elle porte un nom de fleur, elle aime le rose et les licornes, les tutos neuneus de Youtubeuses, elle aime aussi avoir de bonnes notes au collège et dévorer des bibliothèques. Si en plus elle cogne comme Rocky sur le patriarcat, je ne vois pas ce qui pourrait l’empêcher d’être heureuse.   

À la grande, je dis que oui, si elle continue ses études comme ça, elle aura un chouette métier. Oui, si elle est drôle et futée comme ça, elle aura une chouette vie. Oui, à 20 ans, elle a bien le droit d’aimer qui bon lui semble, de courir les soirées techno et les concerts de rap. Oui, oui, oui. 

La différence, c’est que je lui dis aussi de ne pas s’habiller trop court, au cas où. De prendre un taxi quand elle rentre tard, au cas où. De ne pas boire plus que de raison, au cas où. De rester vigilante, d’être prête à fuir si un type l’insulte ou à appeler au secours s’il la suit dans la rue.  

Élever une fille en 2018, ça revient un peu à faire un pari. A miser sur l’égalité sans savoir si les parents de garçons font la même chose de leur côté. Franchement, je croise les doigts. 

En plateau jusqu'à 10h des fervent/e/s défenseur/e/s de l'égalité homme/femme : 

  • Maxime Rusniewski, co-fondateur de la Fondation des Femmes, qui lutte contre les violences et promeut l’égalité hommes-femmes en France.  
  • Marie Donzel, consultante senior chez Alternego, experte en conseil stratégique sur les politiques d’égalité   
  • Elise Morfin, autrice du blog « Maman rodarde »  
  • Hélène Fresnel, journaliste à Psychologies Magazine, notre partenaire de l’été.

La vidéo de campagne de la Fondation des Femmes pour sensibiliser à la question de l’éducation des garçons dans la lutte contre les inégalités et les violences faites aux femmes

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