Cette semaine dans Une heure en série petit meurtre en famille et désir d’enfant avec "Amour fou" sur Arte, chasseurs de nazis et giclées de sang dans "Hunters" sur Amazon Prime et représentation et visibilité de la communauté LGBT avec "Visible" sur Apple TV.

Série "Visible : Out on Television" - Saison 1 sur Apple TV avec Lena Waithe
Série "Visible : Out on Television" - Saison 1 sur Apple TV avec Lena Waithe © Apple TV+

"Amour fou" sur Arte

Une mini série en trois épisodes .Rebecca est en proie à d’étranges cauchemars. Pourtant tour va bien dans la vie qu’elle mène entre son cabinet médical et Romain, son mari. Mais les apparences sont souvent trompeuses. 

Un soir le couple traverse la rue pour aller dîner chez Mikaël, le frère de Romain, un dilettante manipulateur et Emilie son instable petite amie. Une violente dispute ne tarde pas à éclater. Plus tard dans la nuit. Rebecca et Romain voient Mikaël traîner un corps et le hisser dans le coffre de la voiture. 

Mikaël a-t-il tué sa petite amie dont plus personne n’a de nouvelles ? Point de départ d’un polar labyrinthique truffé de coups de théâtre et délicieusement amoral. 

Une série créée par Mathias Gokalp (Rien de personnel en 2009) et coécrite avec la romancière Ingrid Desjours. Casting impeccable avec Clotilde Hesme et Jérémie Renier.

"Hunters" sur Amazon Prime

1977. Tout commence par une bucolique garden party qui s’achève dans un bain de sang après que l’une des invités ait reconnu son bourreau lorsqu’elle était internée en camp de concentration en Allemagne durant la seconde guerre mondiale. 

A l’autre bout du pays, en essayant de découvrir l’auteur du meurtre de sa grand mère, un jeune garçon New Yorkais croise la route sanglante d’une troupe de justiciers. Une sorte d’Agence tous risques, spécialisée dans l’élimination des nazis ayant trouvé refuge aux Etats-Unis après la guerre. 

Une vérité embarrassante, cadrant mal avec les vertus autoproclamées du pays de l’Oncle Sam, que va à son tour mettre à jour une jeune flic black. 

Une série mordante, à l’humour citrique pour ne pas dire cynique, flirtant parfois avec un rien de mauvais goût, valorisant un peu trop à mon goût la discutable de la loi du Talion. 

Un jeu de massacre que n’aurait pas renié Tarentino mais produite entre autres par Jordan Peele (Get Out, The Twilght Zone) écrite par David Weil, avec entre autres Al Pacino et Lena Olin (Alias, Riviera) en Colonelle SS et Logan Lerman (Percy Jackson, Fury au cinéma) dans le rôle du néophyte exécuteur.

"Visible" sur Apple TV

La télé regarde la télé dans cette remarquable série documentaire qui remonte 70 ans de l’histoire de la communauté LGBTQ à travers celle du petit écran américain. Construite à partir d’images d’archives et commentées par des personnalités de la télé ouvertement gay, bi, lesbiennes ou trans et faisant partie de l’actuel panorama de la télé américaine en tant qu’acteurs, actrices, producteurs, productrices, scénaristes, journalistes… 

"Visible" raconte à la fois l’évolution de la visibilité de cette communauté à travers les séries, les talks show, les documentaires et les reportages. Et le pouvoir unique en son genre du petit écran en terme d’identification. 

Comment désormais les jeunes gays, lesbiennes, bi ou trans peuvent enfin se retrouver dans les séries actuelles ? Preuve s'il en fallait de l’importance sociétale des séries télé un peu partout dans le monde. 

Comment la petite lucarne, en parallèle des luttes, des manifestations et des avancées politiques, a ouvert les yeux et sensibilisés les américains à cette cause? Sans hélas vaincre complètement une homophobie encore tenace, on se souvient de la tragédie d’Orlando en juin 2016. 

Beaucoup de combats menés, pas mal de victoires remportées mais encore énormément de batailles à livrer.Une série produite par l’actrice humoriste Wanda Sykes et Wilson Cruz connu pour de nombreux rôles mais révélé par celui très proche de lui de Rickie dans Angela 15 ans. 

Avec nous ce soir pour en parler :

  • Ariane Allard de Causette et Positif
  • Christine Haas.
  • Benoit Lagane tous les vendredis à 5h53 pour la chronique « faim de séries » dans le 5/7 de Mathilde Munos et à  Télématin.

Le conseil littéraire :

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy chez Belfond .

New York. années 80. James, jeune noir homosexuel le jour se transforme la nuit venue en Lady Prudence. Une flamboyante, merveilleuse et exquise drag queen. 

La meilleure affirme-t-elle. La quintessence d’une féminité réinventée, envoutante, extatique, unique. De ses débuts entre prostitution et arrières salles de club miteux, elle raconte son ascension. La mode du voguing. Les soirées où l’on croise Madonna, Keith Haring, RuPaul. Les bals du vendredi soir où s’affrontent solidaire et ennemies jurées les plus belles drag queen de la ville. 

Celles et ceux qui connaissent l’excellente série Pose reconnaîtront ce monde interlope, féerique, qui se maquille, danse et sourit outrageusement pour oublier que dehors on les ostracise. Y compris les gays qui voudraient une image plus ‘respectable’ de la communauté LGBT. Et puis vient le Sida qui emporte, les amis, les amants, dévaste tout sur son passage et devant lequel il faut plus que jamais faire sublime figure. 

Une figure fardée, outrancière et séductrice. Et ce jusqu’au bout. Ce récit Lady Prudence le livre trente ans plus tard à Victoire. Un jeune latino père de famille qui lui aussi se rêve en femme d’une nuit magique. 

Deux époques. Deux regards sur la différence. Les mentalités ont évolué fort heureusement. Mais la même urgence de se révéler et de s’émanciper. 

Magnifique roman, de transmission et d’adoubement porté par une écriture sans fioriture. Resserrée sans être sèche. Sans gras composé de phrases courtes qui donnent un magnifique pulsation au livre. 

Un style qui ressemble à la détermination de son héroïne. Pas question de regarder derrière. Toujours devant. Qui dit l’urgence vitale d’être ce que l’on est pour ne pas crever. 

Quatrième roman d’un auteur à suivre et dont ce « Joli jolis monstres » atteste d’un talent indéniable.

La pépite inédite :

Briarpatch sur USA Network

Dans une ville du Texas, suffocant dans une chaleur humide et envahie par des animaux sauvages après que quelqu’un ait ouvert les portes du zoo local, une jeune investigatrice travaillant pour le sénat vient enquêter sur la mort brutale de sa sœur. Sœur qui bossait pour le bureau du shérif et dont la voiture a été soufflée par une bombe. Impassible et froide, visiblement peu ravie de revenir dans un village natale où elle n’avait connu que racisme et ostracisme, notre héroïne se voit confier une autre enquête en plus de sa quête personnelle, enquête qui la mène sur les traces de politiciens corrompus et surtout d’un ancien boyfriend connu également pour être une figure du trafic de drogue local. 

Une adaptation prometteuse du roman Ondes de choc signé Ross Thomas paru dans la série noire.

Filmé dans un scope magnifique Briarpatch joue à la fois avec les codes d’un film noir écrasé de soleil et d’un western mélancolique, le tout saupoudré d’un soupçon d’étrangeté à la David Lynch. 

Mais la série aussi vaut pour son ambiance pesante, son humour à froid et de savoureux dialogues qui s’achèvent régulièrement dans un absurde inattendu. 

L’ultime réussite de la série réside dans sa distribution en tête de laquelle on retrouve l’excellente Rosario Dawson qui interprétait Claire Temple dans Luke Cage et Iron Fist ainsi que le toujours impeccable Alan Cumming (Instinct) dans le rôle d’un psychopathe en costumes trois pièces.

La programmation musicale :

  • Christine and the Queens “People, Have been sad”
  • Mac Miller,  "Blue World »
  • Scissor Sisters, « I Don’t feel Like Dancin"

Le plateau télé :

The Lost ones sur Arte TV 

The day will come sur Netflix.

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