Au programme ce soir : conquête spatiale et autocratie benête avec "Space Force" sur Netflix, Portugal agraire des années 70 et prémisses de la révolution des œillets avec "le Domaine" sur Arte et enfin comédie musicale et voix intérieures avec "Zoey et son incroyable playlist" sur Warner TV.

"Zoey et son incroyable playlist" série sur Warner TV, saison 1.
"Zoey et son incroyable playlist" série sur Warner TV, saison 1. © Sergei Bachlakov/NBC

"Space force" sur Netflix 

Le général Mark Naird, (jeu de mot) naird ou nerd désignant en anglais de façon un peu péjorative un passionné souvent solitaire des sciences, est nommé à la tête de Space Force une toute agence américaine en charge de la conquête éventuellement compris belliqueuse de l’espace. 

Une guerre des étoiles qui ne dit pas son nom, destinée à damner le pion aux Russes et aux Chinois. Le but recherché : envoyer à nouveau un américain sur la lune et débuter la colonisation de celle-ci. Le hic c’est que ce général Naird n’a aucune compétence pour mener à bien cette mission. Et que cet homme autocrate, obtus, d’une bêtise souvent crasse et limite raciste, a la fâcheuse habitude de prendre sans consulter personne des décisions qui vont à l’encontre du plus simple bon sens et de la logique. 

Qualités incarnées ici par le Dr Mallory qui ne peut rien faire pour contrer les agissements à l’emporte pièce de son supérieur. Vous l’aurez compris toutes ressemblances avec l’actuel locataire de la Maison Blanche sont totalement volontaires et revendiquées par les auteurs.

Space force, une série produite par et créée par Greg Daniels auquel nous devions l’adaptation américaine de la série britannique de Ricky Gervais The Office. Il retrouve d’ailleurs pour Space Force la star absolue de ce remake réussi Steve Carell, un génie comique en ce qui me concerne, qui occupe ici les fonctions de producteur, scénariste et acteur principal. Ce qui explique un taux d’occupation de l’écran frôlant les 95 %. A ses côtés on retrouve le toujours flegmatique et séduisant John Malkovich, Ben Schwartz vu dans Parks and Recreation et qui joue ici un insupportable attaché de communication accro aux réseaux sociaux ainsi qu’une une belle brochette de guests parmi lesquelles Lisa Kudrow, Noah Emmerich et Jane Lynch.

"Le domaine" sur Arte

Une mini série en trois parties diffusée jeudi prochain le 11 mai et disponible jusqu’au 10 juillet sur leur site Arte.tv.

De la fin des années 60 à nos jours cette série, sélectionnée l’an dernier au festival de Venise, narre l’histoire d’une immense exploitation agricole sur laquelle règne, tel un monarque éclairé, le fier et viril Joao Fernandes. 

Un patron progressiste plutôt sensible aux idées nouvelles de gauche mais surtout hostile aux tendances funestes et nauséeuses du pouvoir dictatorial en place au début des années 70 et marqué par le soutien des militaires. Son beau-père est d’ailleurs un représentant actif de ce pouvoir en perdition qui sera chassé par la révolution des œillets en 1974. 

Une saga historique et familiale au souffle sec mais pas aride, à l’image du climat étouffant et écrasé de soleil dans lequel baigne cette fresque agraire.

Une mini série produite par Paulo Branco, mise en scène avec à mon sens un vrai sens du rythme alangui et une belle force du cadre par Tiago Guedes et écrite par Rui Cardoso Martins et Tiago Guedes avec la collaboration de Gilles Taurand et avec dans le rôle de Joao Alabano Jeronimo et dans celui de son épouse la troublante Sandra Faleiro.

L’effet miroir de Benoît Lagane 

"Les Bannis" une série western américaine de 1968 qui vient de ressortir en DVD chez Elephant Films. 

Les aventures de deux hommes. Le blanc, Earl Corey, virginien (tiens ça rappelle le titre d’une autre série ça) ex-propriétaire terrien mobilisé pendant la guerre de sécession et que la guerre lui aura fait tout perdre. Cet ex esclavagiste accepte de s’allier comme chasseur de prime avec un ex-esclave Jemal David soit l’association de deux hommes, le vétéran et l’affranchi, dans une Amérique, le pays de la liberté somme toute relative. Une série intéressante à revoir aujourd'hui dans l’Amérique marquée par l'affaire George Floyd comme un écho aux mouvements des années 60. Petit rappel chronologique, cette série arrive à l'antenne, quelques mois à peine après l'assassinat de Martin Luther King. 

"Zoey et son incroyable playlist", sur Warner TV

C’est à la suite d’un scanner un rien mouvementé que Zoey, codeuse de talent mais un rien maladroite dans la vraie vie, se met à développer ce qui pourrait s’apparenter à un super pouvoir : elle peut lire dans vos pensées musicales. 

Lecture qui se matérialise sous forme de standards de la pop américaine et chorégraphies qu’improvisent devant elle soient de parfaits inconnus qu’elle croise dans la rue, soient ses proches parmi lesquels son père handicapé, sa mère dévouée, son collègue amoureux d’elle, sa patronne autoritaire ou encore son voisin et concierge, un afro américain non binaire qui oscille entre le genre garçon et le genre fille. 

Peu importe que vous affichiez un sourire radieux, Zoey saura que vous êtes dépressif. Peu lui chaud que vous jouiez les durs, Zoey découvrira malgré vous vos faiblesses et vos peines. Un pouvoir dont notre infortunée héroïne se passerait bien mais avec lequel il va lui falloir vivre désormais.

Une série furieusement rose bonbon arc en ciel, créée par Austin Winsberg producteur et scénariste de séries parmi lesquelles Gossip Girl et Jake in Progress. Les chorégraphies sont signées Mandy Moore qui avait officié sur La La Land de Damien Chazelle. 

Côté distribution figurent en tête Jane Levy, vue dans What if et Castle Rock, Alex Newell que l’on avait découvert dans Glee, John Clarence Stewart vu dans Luke Cage et la toujours délicieuse Mary Steenburgen à la longue carrière cinématographique et télévisuelle (Ragtime, Comédie érotique d’une nuit d’été au cinéma et The Last man on earth à la télé)

Avec nous ce soir pour en parler

Marjolaine Boutet  de Phosphore

Christine Haas

Et Benoît Lagane du 5/7 de Mathilde Munos et  dans Télématin sur France 2.

La programmation musicale

  • The Beach Boys, Kokomo.
  • Lucas Santtana, Ninguém solta a mao de ninguém (personne ne lâche la main de personne).
  • Le Noiseur, Summer slow 88.

Le plateau télé

Marjolaine vous propose 

Christine vous conseille "_The Killing_"

Benoit vous suggère 

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