Ce soir nous parlerons argent, drogue et traders sans scrupules avec Industry sur OCS, de défense sicilienne et de reine en danger avec Le Jeu de la dame sur Netflix et enfin de patin à roulette et de baston de filles avec Derby Girl sur Slash TV.

Anya Taylor-Joy dans "Le jeu de la dame", mini-série américaine en sept parties d'environ 56 minutes créée par Scott Frank et Allan Scott, adaptée du roman de Walter Tevis publié en 1983, et mise en ligne le 23 octobre 2020 sur Netflix.
Anya Taylor-Joy dans "Le jeu de la dame", mini-série américaine en sept parties d'environ 56 minutes créée par Scott Frank et Allan Scott, adaptée du roman de Walter Tevis publié en 1983, et mise en ligne le 23 octobre 2020 sur Netflix. © Charlie Gray/Netflix

"Industry" sur OCS

Série britannique en huit épisodes diffusée sur OCS à raison d’un épisode par semaine au lendemain de la diffusion américaine.

Bienvenue dans le monde carnassier et impitoyable de la haute finance. Un monde de basse morale mais de haute volée capitaliste où débarquent les héros de cette série. 

Bardés de diplômes, prêts à tout pour réussir jusqu’à l’épuisement, tentant de résister à la pression à grands coups de lignes de coke et d’alcool coulant à flot, ils n’ont cependant rien d’agneaux jetés en pâture au sein de la meute de loups affamés que sont leurs ainés et mentors. 

Ces individualistes nés savent déjà mordre et vont très vite acquérir vite les réflexes de cet métier : faire du fric, se la jouer solo et trahir ses camarades. Une série peu encline à nous vendre ce modèle de vie mais qui nous plonge comme le savent si bien faire les anglais dans la dramaturgie tragique d’un univers impitoyable.   

Créé par Lena Dunham connue pour la série Girls, écrite par Mickey Down et Konrad Kay connus pour avoir travaillés tous les deux sur la série « Hoff the record » avec David Hasselhoff, Industry est interprétée par Myha’la Herrold, vue récemment dans Modern Love, David Jonsson vu dans la série Deep State ainsi que Harry Lawtey présent au générique de L’écuyer du roi et Marisa Abela vue dans Cobra. 

"Le jeu de la dame" sur Netflix

La série américaine disponible sur Netflix depuis le 23 octobre.

C’est le carton du moment.

Depuis sa plus tendre enfance –enfin si tenté que l’on puisse appeler tendre une enfance passée derrière les murs d’un orphelinat rigide– Beth est une jeune fille sujette aux addictions. D’abord aux tranquillisants qu’elle avale dès son plus jeune âge comme d’autres dévorent des sucreries et surtout elle est accro aux échecs, un jeu découvert par hasard et dont elle s’avère être un prodige sans avoir jamais rien appris des règles. 

Cela tombe bien, les règles que ce soient celles de la bienséance ou du vivre ensemble, Beth n’en a pas grand-chose à faire. Refermée sur elle-même, avare de ses mots comme de gestes de tendresse, cette génie au féminin des échecs va traverser les années 60 et apprendre à s’ouvrir peu à peu au monde extérieur. 

BA Adapté du roman de Walter Trevis, cette série a été créée par Scott Frank scénariste de Logan pour le grand écran et de Godless pour le petit. A ses côtés, Allan Scott scénariste émérite auteur de Ne vous retournez pas un classique du film de terreur. 

Côté casting, la série est portée par une comédienne qui confie au génie, l’impressionnante Anya Taylor-Joy vue précédemment dans Peaky Blinders et au cinéma dans le plus oubliable Les Nouveaux mutants

"Derby Girl" sur Slash TV

Une série de dix épisodes disponible sur Slash Tv, la plateforme entière gratuite de France Télévisions 

Star naissante du patin à glace Lola Bouvier n’est pas un exemple de fair play. Lors d’un championnat qui aurait dû la sacrer, elle se retrouve à la deuxième place. Une humiliation qu’elle vit on ne peut plus mal, décidant pour se venger de cet affront d’assener un coup de boule à celle qui lui a ravi la plus haute marche du podium. Geste peu amical qu’elle accompagne en sectionnant d’un coup de lame à patin les doigts de la vainqueure. 

Fini les sunlights et les commentaires enthousiastes de Nelson Monfort, Lola Bouvier, deux ans plus tard et autant de kilos en plus, a touché le fond. Elle est désormais vendeuse dans un magasin de sport à Mézières. Pour autant elle n’a rien perdu de son arrogance et de son mépris naturel pour toutes celles et tous ceux qui l’entourent. Son père et ses collègues en tête. 

Jusqu’au au jour où elle croise la route d’une lamentable équipe de derby girls Les Cannibal Lincorn, qu’elle va intégrer pour tenter de prendre sa revanche sur son destin pourri. Sans renoncer pour autant à son caractère de merde. 

Une série mordante et mal élevée créée par Nikola Lange et Charlotte Vecchiet porté par un casting endiablé constitué de Chloé Jouannet dans le rôle de Lola Bouvier vue dans la série Infidèle sur TF1 et qui sera prochainement au générique du remake français de Luther. À ses côtés on retrouve les tout autant excellentes Sophie Marie Larrouy que l’on retrouvera la semaine prochaine dans Cheyenne et Lola ainsi que Jisca Kalvanda vue dans The Eddy

Le conseil littéraire :

Le Petit Polémiste d’Ilan Duran Cohen aux éditions Actes sud.

Le point commun qui unit les héros d’Industry et celui de ce roman satirique est sans doute le sentiment de puissance et d’impunité. 

Alain Conlang est un polémiste réputé et apprécié du petit écran. Mais à l’aube des années 2030 où se déroule cette fiction futuriste, il est surtout assermenté par l’état qui, face à la profusion d’esprits plus ou moins fin déversant leur bile misanthrope sous le couvert de bons mots d’esprit, à décidé de n’en autoriser que quelques rares élus. Même s’il n’aime guère son métier, Alain se croit à l’abri de tout jusqu’au soir où, au cours d’un diner, il se laisse aller à un blague sexiste et misogyne sur l’impossibilité de travailler avec et sous els ordres des femmes. 

Offusqués, les convives qui se savent surveillées par des autorités qui en 2029 ont le droit de vous espionner partout, décident de porter plainte contre Alain. 

Ce dernier se retrouve alors au cœur d’un procès perdu d’avance. Car à une époque futuriste où l’égalité de sexes, des identités sexuelles et de sexualités prévaut sur tout le reste, il est un coupable tout désigné de ces nouvelles bonnes mœurs. 

Pour parfaire cette descente programmée aux enfers de l’opprobre, la mère d’Alain, qui ne lui a jamais pardonné d’être hétérosexuel, lui reproche de gâcher la transition de son frère. Ajoutez à cela une société où les rencontres sont désormais régentées par un algorithme et la sexualité pulsionnelle autorisée dans les bordels d’Etat. 

Une France où règne en maitre le Ministère de la responsabilité carbone, où les salles de bains privatives ont été interdites et où manger de la viande se fait quasi clandestinement. Tout cela pour vous donner une petite idée de ce livre caustique, incisif et brillant mais jamais cynique signé par un auteur cinéaste dont nous avions adoré au cinéma « La confession des genres » et « Le plaisir de chanter » et, au rayon littérature, le déjà excellent « Mon cas personnel ». Un auteur qui retrouve ici toute la verve délicieusement impertinente de sa plume pour le plus grand bonheur du lecteur. Savoureux. 

L’effet miroir de Benoît Lagane

Ou l’actualité racontée par une série, un épisode, un personnage ou une scène culte 

« Boston Public »

La programmation musicale

  • Jamiroquai,King for a day
  • Lous and the Yakuza, Amigo
  • Balthazar,Losers

Avec nous ce soir pour en parler:

Le plateau télé:

Ava Cahen vous conseille Irrécupérable sur Arte

Marjolaine Boutet vous suggère The Crown sur Netflix

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