Ce soir au programme d'Une heure en séries: âge ingrat et âge de pierre avec "Moah" sur OCS, trépanation à vif et morts en série avec "Ratched" sur Netflix et enfin disparition d’enfants et père en détresse avec" Kidnapping" sur Arte.

Sarah Paulson dans la série "Ratched" - Saison 1
Sarah Paulson dans la série "Ratched" - Saison 1 © SAEED ADYANI/NETFLIX

"Moah" sur OCS

Affiche de la série "Moah" TV de Benjamin Rocher et Bertrand Soulier sur OCS Max
Affiche de la série "Moah" TV de Benjamin Rocher et Bertrand Soulier sur OCS Max / OCS Max

Une série de dix épisodes de vingt minutes disponible sur OCS Max à partir du 1er octobre

MOAH qui s’épelle M O A H est un adolescent comme beaucoup d’autres. Rêveur, pris en étau entre une mère intrusive et un père indifférent, il a sans cesse l’impression d’être un incompris parmi les siens. Ses idées pourtant souvent inspirée – du moins de son point de vue - n’inspirent cependant que défiance et mépris de la part des autres. Il cherche sa place mais dès qu’il en trouve une on lui fait bien comprendre que ce n’est pas la bonne. Il vit dans un quartier mal famé, entouré de dangers auquel il lui faut faire face même s’il n’est pas vraiment bâti pour l’aventure. Bred Moah essaie de grandir, de s’affranchir, mais ce n’est pas toujours facile. Dernier détail biographique mais qui a son importance, Moah vit à la préhistoire. Bienvenue dans ce mélange entre la guerre du feu et Les Beaux Gosses.
 

Créé à six mains par Benjamin Soulier qui a collaboré à la série Marianne sur Netflix, Bertrand Soulier scénariste sur le film Selfie et Henri Debeurme créateur pour la télévision de Missions et Trauma.

"Ratched" sur Netflix

Série de 9 épisodes disponible sur Netflix depuis le 18 septembre

Inspirée du roman Vol au dessus d’un nid de coucou signé Ken Kesey ainsi que de l’adaptation éponyme au cinéma mise en scène par  Milos Forman, Ratched s’intéresse aux origines d’une des figures clés de cette fiction psychiatrico-carcérale. 

Nous sommes à la fin des années 40. Un jeune homme, joli à regarder mais d’une dangerosité extrême occis plusieurs prêtres. Il est transféré dans un hôpital à la pointe de la psychiatrie moderne. Entendez qu’on y pratique la lobotomie à tour de main. Mildred Ratched, qui n’a pourtant aucune compétence dans le domaine, s’u fait engager comme infirmière. 

On se gardera bien de révéler pour quelles rasions mais sa quête va être entachée par de nombreuses morts violentes et par une galerie de personnages tous plus barrés qu’elle. Parmi lesquels le très fanatique directeur de l’établissement, un riche milliardaire qui veut faire la peau au praticien, un tueur à gages, un gouverneur qui est accro à la peine de mort ainsi que son attachée de presse, une femme qui va troubler au pus haut point notre héroïne. 

Encore une série signée Ryan Murphy. C’est la quatrième ou cinquième série venant de ce stakhanoviste de la création télévisuelle que nous inscrivons au programme d’une Heure en séries. Il est secondé cette fois par Evan Romansky. On y retrouve non seulement la patte de son auteur, son tropisme pour un univers en huis clos délicieusement pervers et un penchant prononcé pour la citation cinématographique. 

Avec des actrices et acteurs auxquels il est fidèle parmi lesquels la géniale Sarah Paulson. Sans doute l’une des comédiennes les plus naturellement inquiétante d’Hollywood. Elle est secondée ici par quelques guests qui font notre joie, Cynthia Nixon, la fameuse Miranda de Sex and the city, Judy Davis régulièrement vue chez Woody Allen ainsi l’iconique Saron Stone. Bref du Ryan Murphy pur et dur. 

"Kidnapping" sur Arte

Série, "Kidnapping" (Saison 1) sur Arte
Série, "Kidnapping" (Saison 1) sur Arte / Julien Cauvin

Kidnapping une série danoise de huit épisodes sur Arte les 1er et 8 octobre et d’ores et déjà disponible sur le site arte.tv

Une fillette est enlevée au Danemark. Son père, jeune réfugié iranien, est un suspect idéal. Surtout aux yeux de la police locale prompte a dégainer une solution de facilité qui satisfera tout le monde. Seul Rolf a un doute et décide de suivre une piste qui doit le mener jusqu’en Pologne. Il embarque donc un soir de grande tempête sur un Ferry avec sa pette fille et l’un de ses collègues. Une seconde d’inattention et c’est le cauchemar. Notre héros retrouve le landau renversé et vide. Le bébé reste introuvable ? Est-il accidentellement tombé dans les flots agités ? 

Cinq ans plus tard, l’enquête du kidnapping est rouverte. Une investigation qui va mener notre héros au Danemark, en Pologne et en France où notre héros va collaborer avec Claire Bobain, commandant de la police judiciaire. 

Une série prolixe en rebondissements, coups de théâtre et construction sophistiquée qui certes ne recule pas toujours devant quelques facilités d’écriture mis s’acquitte juste au bout d’une mécanique de suspense prenante et qui trouve sa conclusion dans une résolution émouvante. 

Kidnapping est la dernière-née de l’imagination de Torleif Hoppe, scénariste sur les séries « _The killin_g » ainsi que « Traque en série ». Dans le rôle de Rolf, le sombre Anders W. Berthelsen, et dans celui de la policière française Charlotte Rampling, toujours impériale, et qui campe pour la première fois de sa carrière une femme flic.

Avec nous ce soir pour en parler :

  • Ava Cahen du Cercle sur Canal et co-rédactrice en chef de la formidable revue FrenchMania : On s'abonne ici.
  • Ariane Allard de Causette, Positif et Fenchmania
  • Benoît Lagane du 5/7 de Mathilde Munos et de Télématin

Le conseil littéraire 

La Maison dans laquelle de Mariam Petrosyan paru aux éditions Monsieur Toussaint Louverture

Pour faire le lien littéraire entre les affres de l’adolescence de Moah et l’univers carcéral de Ratched penchons-nous sur le colossale :La Maison dans laquelle, œuvre unique à ce jour de Mariam Petrosyan paru aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

Un roman de près de 1200 pages qui ressort en version poche en cette rentrée, écrit en langue russe par une autrice arménienne. Et dont la première qualité est d’être difficilement résumable en quelques mots. Pas de résumé efficace donc mais en revanche la promesse d’une œuvre pharaonique et labyrinthique dans laquelle plonger est une expérience enivrante. La maison évoquée dans le titre est une sorte d’institut où se retrouve des enfants et des ados indésirables et souvent indésirés. Des gamins cabossés, au corps meurtri, abîmé, disloqué, abandonnés à leur instinct et leur révolte. 

Nous y suivons le narrateur personnage à la suite du quel nous plongeons dans ce monde faite de rivalités, de gangs, de hiérarchies autocrates. Une cour des miracles où, hélas, il n’est plus possible de croire aux miracles. Pour survivre, il faut s’endurcir, perdre de son humanité mais peut-être pour mieux la regagner. Un livre que l’on dévore et qui vous dévore, qui vous engloutit. La langue est libérée ici comme on laisserait exploser sa fureur. Elle râpe autant qu’elle caresse, elle malmène le lecteur autant qu’elle le cajole. Un roman qui bouillonne, qui gronde comme une mer déchaînée et écrase sa prose sur les récifs du désespoir de cette jeunesse. Une jeunesse plombée par un déterminisme sur lequel, lui fait-on croire,  elle ne peut jamais interagir. Un livre sur la rage de l’adolescence qui respire tous les pores possibles de la littérature : le surréalisme, le baroque, l’excentrique, le poétique, l’humour… La rencontre improbable entre Dickens et les Sex Pistols. À découvrir absolument.

L'effet miroir de Benoît Lagane

"Macgyver chez les amish"

La programmation musicale

  • James Blake , Are you even real ?
  • La femme, Paradigme
  • Marianne Faithfull , The ballad of Lucy Jordan

Le programme télé

Pour Ava, on regarde cette semaine la saison 2 de " Criminal" 

Pour Ariane , on mate "River" sur Canal

Pour Benoît , on se précipite sur La saison 2 de "The boys"

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