Au programme de ce soir des suprémacistes blancs et des créatures horrifiques avec "Lovecraft Country" sur OCS, des zombies amorphes et des imbéciles en détresse avec "Zomboat!" sur Série club et enfin pendant les années folles: un tueur en série et une femme affranchie dans "La Garçonne" sur France 2.

"Lovecraft Country" - saison 1, série sur OCS avec Jonathan Majors, Jurnee Smollett-Bell, et Wunmi Mosaku.
"Lovecraft Country" - saison 1, série sur OCS avec Jonathan Majors, Jurnee Smollett-Bell, et Wunmi Mosaku. © HBO Max

"Lovecraft Country" sur OCS

La série américaine de dix épisodes produite pour HBO est diffusée sur OCS depuis le 17 août.

Nous sommes en 1954. Atticus Black, jeune vétéran de la guerre de Corée où sa couleur de peau ne posait pas de problème quand il s’agissait de mourir pour les peu Unis Etats d’Amérique, est de retour aux USA où en revanche il est immédiatement renvoyé à sa condition de noir. Soit un citoyen de dernière zone victime de la ségrégation, xénophobie légale qui avait cours à l’époque. Et dont certains américains aujourd’hui encore sont nostalgiques, Donald Trump en tête. Green Book en poche, il parcourt l’Amérique en compagnie de son oncle et d’une amie d’enfance, à la recherche de son père. Ce dernier lui a laissé une indication étrange pour le localiser. Indication en rapport avec l’œuvre de Howard Lovecraft, écrivain dont Atticus est grand fan. En route il croisera à la fois des fanatiques du KKK et des créatures infernales sorties de l’imaginaire de Lovecraft, auteur réputé de SF ; mais qui était aussi un antisémite extrémiste et un raciste fier de l’être.

La série est adaptée du roman éponyme de Matt Ruff sorti chez 10/18 et on retrouve du côté des créateurs et producteurs  des valeurs sûres : Misha Green showrunneuse qui a travaillé sur "Helix" et "Sons of Anarchy", JJ Abrams que l’on connaît pour avoir créé "Lost" et "Alias" pour la télévision et mis en scène au cinéma deux Star Trek ainsi que deux épisodes injustement mésestimés de "Star Wars" et enfin Jordan Peele auteur au cinéma de "Out" et "Us "et producteur du reboot de "la 4ème dimension". Un spécialiste émérite de l’horreur politique, engagée et militante. Et dans les rôles principaux:  Jonathan Majors vu dans le film "Da 5 Bloods" de Spike Lee sur Netflix et la mini série "When we rise", ainsi que Jurnee Smollett vue dans les séries "Underground" et "True Blood". 

"Zomboat! " sur série Club

Une série britannique de six épisodes de 20 mns, proposée dans son intégralité le mercredi 2 septembre dès 20h50 lors d’une soirée 100% zombie où Zomboat sera suivie de la diffusion de Deadset, autre programme de la télé anglaise et satire sanglante du monde de la téléréalité. 

Mais revenons à Zombaot. Kat et Joe, deux sœurs aussi différentes que possible, se réveillent un beau matin dans le cadre idyllique de la douce ville de Birmingham. Mais ce qu’elles découvrent autour d’elle n’a rien d’un rêve. Les zombies ont envahi la ville. Pour fuir la ville et survivre les deux jeunes femmes n’ont qu’une solution : emprunter la péniche de l’une des conquêtes de Jo. Première mauvaise idée d’une longue série d’initiatives malheureuses puisque la vitesse de pointe de l’embarcation est à peine plus élevée que celle des zombies qui portant n’excède pas les 200 mètres à l’heure. Une course poursuite très au ralenti au cours de laquelle Kat et Joue seront rejointes par Amar et Summy, deux garçons guère mieux bâtis qu’elles pour se mesurer à d’insatiables bouffeurs de chair fraîche.

Une série produite pour ITV2 et écrite par Adam Miller auteur pour The Windsors méchant jeu de massacre de l’actuelle famille royale. Bref une plume acide et parodique que l’on retrouve intacte dans cette satire bourrée de citations cinématographiques et télévisuelles.

"La Garçonne" sur France 2 

Une saga policière et historique de six épisodes de 50 minutes.

Au lendemain de la première guerre mondiale, dans l’effervescence des années folles qui tiennent à faire oublier le traumatisme de 14/18, Louise assiste au meurtre d’un des proches de son père, père mort huit mois plus tôt. Le crime a été commis par des agents de l’état. Notre infortunée héroïne est donc désormais pourchassée par les assassins et qui plus est accusée du crime ? Pour tenter prouver son innocence et espérer démasque les véritables coupables, elle décide de se travestir et d’endosser l’identité de son jumeau, peintre enflammé mais jeune homme traumatisé par les combats auxquels il a participé. C’est sous l’identité de son frère Antoine qu’elle intègre les rangs de la police. Mais elle se retrouve a enquêter sur les meurtres de jeunes femmes qui ont toutes en commune d’avoir posé pour des peintres de Montparnasse. Une affaire qui va l’amener à côtoyer Kiki de Montparnasse, Sidney Bechett, Man Ray ou encore Coco Chanel. Mais aussi se mesurer à des politiciens nationalistes et des gueules cassées désespérées, remonter la piste de films pornographiques et surtout se heurter à une somme d’indices qui semblent mener sans cesse à son frère. Série écrite par Dominique Lancelot, productrice et scénariste à laquelle on doit entre autres la série Section de Recherches, réalisée par le canadien Paolo Barzman qui a travaillé sur de nombreuses séries parmi lesquelles Léa Parker et Largo Winch, la série réunit un casting composé de Grégory Fitoussi, Tom Hygrek, Aurélien Recoing et dans le rôle titre Laura Smet .

Avec nous ce soir pour en parler:

Ava Cahen  (Le cercle sur Canal et  la nouvelle revue indispensable : Frenchmania !

Ariane Allard (Causette, Positif et Frenchmania)

Benoît Lagane (le 5/7 de Mathilde Munos et Télématin)

Le conseil Littéraire :

Cette semaine une double actualité littéraire , deux textes inédits de James Baldwin auteur noir américain et homosexuel dont la voix se fait entendre d’ailleurs dans la série Lovecraft Country. Un penseur érudit, analyste lucide parfois amère mais toujours constructif qui a beaucoup écrit sur la condition des noirs dans une Amérique de la ségrégation dans laquelle il avait grandi, souffert et qu’il avait décidé de quitter pour vivre en France. 

Le premier de ces deux livres, Meurtres à Atlanta paru aux éditions Stock début mars, est un essai judiciaire et politique datant de 1985. Invité à écrire sur un fait divers survenu au début des années 80, Baldwin rentre au pays pour se pencher sur le procès d’un homme de couleur de 23 ans accusé d’avoir assassiné 28 enfants. A l’encontre de la simple chronique judiciaire, l’auteur de La Chambre de Giovanni fait de ces crimes l’épicentre d’une réflexion sur les ratés de l’intégration des noirs aux USA. Il parle d’ailleurs de désintégration de la solidarité et de tout ce qui constituait le noyau social noir dans les années 60. Dénonçant ainsi un racisme ancré, viscéral et sociétal tout en s’inquiétant de l’impasse xénophobe sur laquelle les USA se sont écrasés. Un essai passionnant sur les écueils et les limites de la cohabitation pacifiée (en apparence du moins) et surtout rendue impossible selon l’auteur entre blancs et noirs et dont nous constatons aujourd’hui encore l’échec.

Vingt ans plus tôt Baldwin écrivait Le Blues de l’homme banc que les éditions de La découverte - qui portent très bien leur nom - nous permettent justement de redécouvrir et qui vient de sortir. Une pièce de théâtre inspirée d’un autre fait divers, hélas trop fréquent : celui d’un homme blanc ayant assassiné un noir sans jamais être inquiété par la justice blanche des Etats-Unis. Un drame qui avait touché Baldwin de près– un de ses amis avait été tué par un blanc qui fut par deux fois acquitté - et dont il nourrit cette tragédie chorale, incantatoire et antique où tout n’est sur scène que fractures. Fractures de couleurs, fractures sociales, fractures entre justice et religion dans un texte d’une violence à peine contenue qui n’est pas, dans sa structure et sa manière de puiser se source d’inspiration dans un meurtre à la fois réel et symbolique, sans évoquer Les Bonnes de Genet. Deux textes séparés par deux décennies mais réunies par la même voix étranglée et impuissante d’un intellectuel brillant dont la plume, plus que jamais acérée et contemporaine, mérite  d’être redécouverte. 

Meurtres à Atlanta paru aux éditions Stock et Le Blues de l’homme banc Les éditions de La découverte.

L’effet miroir de Benoît Lagane

Braindead (2016)

Le plateau télé:

Ava  Cahen vous recommande "Tu préfères" sur Arte.

Ariane  Allard vous conseille "L’amour a ses réseaux " sur Arte.

Benoit Lagane vous propose "Parry Mason" sur OCS.

La programmation musicale:

  • Etta James, "I just want to make love to you"
  • Jarv is/ Jarvis Cocker, "Swanky modes"
  • Yelle, Je t'aime encore"
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