Direction le Pérou qui vote dimanche pour se donner un nouveau président et peut-être même une nouvelle présidente... Ce qui serait une première dans l'histoire de ce pays de 30 millions d'habitants, coincé entre le Pacifique et les Andes. Une présidente singulière en plus : jeune, 41 ans, et avec un prénom plus japonais que Péruvien : Keiko. C'est normal, elle appartient à la minorité nippon-péruvienne. Ils sont aujourd'hui 160 000 à descendre d'une vague d'immigration qui date du début du XXème siècle. Ils sont aujourd'hui Péruviens à part entière. Non, le problème de Keiko, c'est son nom. Elle s'appelle Fujimori et, pour tout ceux qui suivent l'actualité sud-américaine, c'est un nom de famille qui fait froid dans le dos. Elle est, en effet, la fille d'Alberto Fujimori, président péruvien de 1990 à 2000. Un président aujourd'hui en prison depuis 2009. On lui reproche des atteintes à la démocratie et aux droits de l'homme, comme par exemple la dissolution à la baïonnette du Parlement en 1992, mais aussi la corruption rampante d'un régime devenu au fils des ans personnel et autocratique. Avec Keiko Fujimori au pouvoir – et les sondages la donne légèrement en tête – beaucoup craignent le retour de cette période sombre. Un chiffre : il y a 207 fujimoristes emprisonnés pour fait de corruption ou de violations des droits de l'homme...

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.