Des zones désertées par l’homme aux lieux de mémoire, il y a un trait d’union symbolique… Cinq ans après, comment se souvenir de la catastrophe ? Il faut bien comprendre qu'au Japon plus qu'ailleurs, tout est affaire de mémoire, surtout lorsque ce souvenir implique des victimes et des disparus en nombre. Pour vous montrer l'importance de cet enjeu mémoriel, je vais donner quelques exemples. Cinq ans après ce que les Japonais appellent « le grand tsunami et tremblement de terre de l'Est », il y a toujours 2 561 disparus dont les corps n'ont jamais été retrouvés. Dans la plupart des pays du monde, les recherches se seraient déjà arrêtées depuis longtemps. Pas au Japon : les gardes côtes viennent de les reprendre après la pause hivernale. Le Japon n'est pas un pays où, traditionnellement, on prie pour un Dieu en particulier mais c'est une culture où l'on se recueille pour le repos des âmes. Pour les « âmes perdues », comme celles des disparus du 11 mars, il y a le mont Osore. Pour les âmes tourmentées des soldats de l'Empire japonais, c'est le temple de Yakusuni. Bref, tout l'esprit du Shinto japonais est tendue vers la mémoire et le souvenir...

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