Tout est là. Magouilles,trahisons, suspens et rebondissements. Certainement le scénario le plus dégradant jamais imaginé dans une démocratie.

Par Olivier Poujade

Un bref résumé des épisodes précédents est nécessaire, pour éviter de perdre le fil :

Une présidente Dilma Rousseff destituée en mai dernier pour avoir maquillé les comptes du pays et dont le sort est aujourd'hui entre les mains du Sénat,  transformé en tribunal, pour tenter de prouver sa culpabilité.

En attendant ce jugement, le Brésil dispose donc d'un président par intérim, ex allié de Dilma Rousseff :. Michel Temer qui en retournant sa veste a fait basculer la majorité de la chambre des députés et précipité sa chute...

A peine installé, le nom de Temer (ainsi que ceux de sept de ses ministres) sont déjà cités dans le gigantesque scandale de corruption qui ravage le paysage politique brésilien : le petrolao ! Des dizaines de millions d'euros détournés, entre autres, de l'entreprise Petrobras, au profit de comptes privés...

Eduardo Cunha, le président de la chambre des députés, troisième personnalité politique du pays et grand stratège de la procédure d'impeachment contre Dilma Rousseff. Alors pourquoi tant d'acharnement??

Parce que depuis 8 mois, Cunha fait lui même l'objet d'une enquête. « Le plus grand scandale que nous ayons eu à juger » déclarait avant hier le député chargé de rédiger le rapport.

La commission d'éthique a tranché à 11 voix contre 9.  Cunha doit sortir et devrait perdre son immunité.

Un vote aussi serré s'explique par le fait qu'une grande partie des responsables politiques brésiliens ont peur bien sûr.. peur qu'Eduardo Cunha ne ressorte tous les dossiers de l'armoire.

C'est d'ailleurs ce qu'il compte faire, tout en niant les faits. Ce vieux routier du pouvoir aurait récemment déclaré en privé « si je dois aller en prison... hors de question que j'y aille seul... je vais faire exploser le gouvernement ! »  Une menace qui sonne comme un aveu.

En résumé, si l'on écarte les 303 députés et 49 sénateurs qui font l'objet d'une enquête ou ont été condamnés, les deux politiciens les plus puissants du pays sont visés par la justice.

Petite précision : le nom de Dilma Rousseff n'est lui cité dans aucune enquête.

En Amérique Latine, le quotidien La Nacion nous apprend qu'un haut fonctionnaire du gouvernement de l'ancienne présidente Cristina Kirschner a été surpris par la police alors qu'il tentait d'enterrer dans le jardin d'un monastère, 160 sacs remplis de billets de banque, pour un montant évalué à 8 millions et demi d'euros.

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