Edito présenté, ce soir, par Alain Frachon

Il y a cent ans cette semaine, Mark Sykes et François Georges-Picot traficotaient la carte du Moyen-Orient. Autour d'une table, ils tiraient une ligne dans le sable du désert. Ils fixaient les frontières actuelles de la Syrie et de l'Irak. Ils étaient tous deux diplomates. L'un représentait la Grande-Bretagne, l'autre, la France. Ces deux pays-là étaient encore des grandes puissances, constituant ou consolidant leurs zones d'influences sur les décombres de l'Empire ottoman. Le Sultan avait eu le grand tort de s'allier à l'Allemagne – il était l'un des vaincus de la première guerre mondiale. Aujourd'hui, alors que tout va mal en Irak et en Syrie, on s'empare de cet anniversaire pour le transformer en acte d'accusation. Les frontières ainsi tracées étaient artificielles. Elles englobaient des populations disparates et hostiles. Des Kurdes et des Arabes. Des Arabes sunnites et des Arabes chiites. Des Arabes chrétiens et des druzes etc. Bref, la recette idéale pour un désastre à venir. Le désastre est là et le verdict trop souvent prononcé est le suivant : les guerres qui ravagent la Syrie et l'Irak, aujourd'hui, c'est la faute au colonialisme européen. Et bien, NON trois fois NON, comme le dit fort bien Roula Khalaf, notre consœur du FinancialTimes , journaliste parmi les plus expérimenté de cette région...

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