Les Britanniques ont certes voté pour le « Brexit », mais cette expression ne signifie pas qu'ils vont quitter l'Europe.

Il suffit d'observer David Cameron, qui souhaite laisser à son successeur le soin d'exercer l'article 50 des traités européens, ce fameux article qui entraîne le compte à rebours de deux ans pour sortir de l'UE. Déjà, Albion joue la montre. Elle va devoir négocier simultanément son divorce et son remariage, sous une forme à inventer, avec les Européens. Passons sur les mille questions sans réponse :

Que va-t-il advenir des immigrés polonais à Londres ? Des retraités anglais en Creuse ? Des étudiants espagnols en Écosse ? Des droits de douane que l'OMC interdit d'augmenter ?

Quitter l'Union européenne apparaît presque « matériellement impossible », comme devait l'être « la guerre » avec la mise en commun du charbon et de l'acier dans les années 1950. Les Britanniques ont trop cassé d'œufs pour construire l'Europe et, comme le résume l'ancien commissaire européen Pascal Lamy, « on ne refait des œufs à partir d'une omelette ». Les Continentaux vont eux-aussi devoir se poser une question stratégique : ont-ils intérêt à continuer de former un espace de libre-échange avec les Britanniques ? La réponse sera certainement positive, même pour la France, parce que le Royaume-Uni constitue un débouché commercial majeur. In fine, le Brexit risque de se résumer à deux questions :

Combien Londres devra-t-il payer pour rester dans l'UE sans y appartenir juridiquement?

Et à quelles réunions communautaires les représentants de Sa Majesté participeront-ils avec le titre d'observateur forcément très actif ?

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