A deux doigts de la faillite... à deux jours même ! Dès dimanche, disons lundi matin, à l'heure de l'ouverture des marchés financiers, la ville casino des new-yorkais pourrait manquer un paiement d'1,8 milliards de dollars et donc aussitôt demander à être mise en faillite. Ce serait la première depuis la Grande Dépression des années 30 qu'une cité du New Jersey se met ainsi sous la protection de la fameuse loi américaine sur les faillites. C'est donc un vrai choc pour cette ville de 37 000 habitants qui doit, en tout, 400 millions de dollars. Une somme énorme qui en fait une des villes les plus endettées par tête d'habitants des Etats-Unis. Presque deux fois endettée que Detroit, par exemple, qui a été déclarée en faillite en juillet 2013. On se souvient des dizaines de reportage sur le sujet. Le problème avec les Etats-Unis, c'est qu'au fond, lorsque mes confrères et consoeurs se rendent sur place pour décrire la « ruine de Detroit », sa « décadence », son « désespoir » ils y vont avec des yeux d'Européens où personne ne s'est jamais remis d'une faillite. Detroit devrait nous servir de leçon : un an et demi après la déclaration de faillite, la ville de Detroit en sortait avec un 7 milliards de dettes en moins et un plan d'investissement de 1,4 milliards de dollars sur 10 ans. Comment est-ce possible en si peu de temps ? C'est simple : la loi sur les faillites est une loi qui oblige les créanciers et les débiteurs à se mettre autour d'une table. Bon. Sauf que le pouvoir est entre les mains des débiteurs qui, s'ils ne parviennent pas à un accord, peuvent décider de ne rien rembourser. Les créanciers de la ville ont eu la peur de leur vie et ont accepté d'énormes sacrifices pour ne pas tout perdre. Vous ajoutez à cela la renaissance de l'industrie automobile américaine avec la baisse du prix du pétrole et voilà Detroit qui renait de ses cendres...

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