Une commune du Nord met en lien des personnes âgées et des voisins prêts à s’occuper de leurs jardins. Simone porte beau ses 80 printemps. Elle habite toujours sa coquette maison de village, dans le bourg de Templeuve, près de Lille… Mais bêcher son petit potager et se courber pour récolter les rangées de poireaux, ce n’est plus pour elle. Alors elle fait appel à Albert, un jeune retraité qui habite quelques rues plus loin. Passionné de jardinage, il n’a que quelques mètres carrés de pelouse devant chez lui. Pas de quoi faire pousser des légumes. Deux fois par semaine, il vient donc entretenir le potager de Simone en échange d’une partie de la production. L’idée de ce troc est née dans la tête du maire de la commune, Luc Monnet, en voyant les potagers livrés aux herbes folles. « Les personnes âgées souhaitent rester le plus longtemps possible dans leur maison, mais elles ne sont plus capables d’entretenir le jardin. Peu à peu, leurs potagers sont remplacés par des pelouses. Beaucoup le regrettent, car elles aimaient manger les légumes du jardin. » D’où l’idée de les mettre en relation avec des amateurs de jardinage en quête de terrains. C’est ainsi qu’est né le projet « un jardin chez mon pot’âgé », un échange de services qui cultive en même temps les liens entre générations. Une fois mises en relation, les deux parties signent un engagement de « bonne entente » prévoyant de respecter les horaires et la tranquillité de la personne âgée, et l’échange peut commencer. Bien souvent, le troc ne se limite pas à quelques légumes. « Après le jardinage, Simone me propose souvent de partager une bière et nous discutons le coup, confie Albert. De fil en aiguille, nous sommes devenus amis, et il m’arrive de la conduire ici ou là, quand elle a un rendez-vous un peu loin. Je veille aussi sur sa maison quand elle s’absente. » FLORENCE QUILLE (à Lille)

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