L’association jordanienne Tamkeen, prix des droits de l’homme de la République française 2011, essaie de faire respecter les droits des nombreux travailleurs étrangers du royaume. Plus de 600 000 étrangers venus d’Égypte, du Sri Lanka, des Philippines, d’Indonésie, d’Inde, de Chine… travaillent en Jordanie. Les hommes dans le bâtiment, l’agriculture, le nettoyage, l’industrie textile, les femmes comme employées de maison. Beaucoup d’entre eux sont exploités, victimes de mauvais traitements. Tamkeen défend leurs droits.Linda Mustapha Hussein Alkalash, directrice générale de Tamkeen, a eu l’idée de créer une ONG en 2001 pour leur venir en aide. « Tout le monde parlait de la défense des droits humains, mais j’ai regardé autour de moi et l’impact de ce discours n’était pas visible », déclare cette femme énergique. Elle décide « de travailler en direct avec les travailleurs migrants maltraités, de leur apporter une aide légale, de les aider à reconnaître les violations dont ils sont victimes, à en parler… »Avec des financements venus de l’Open Society Institute (fondé par George Soros), un prix du gouvernement américain, un autre en France, elle monte son association en 2007 et commence à recueillir des plaintes. « Nous avons eu 220 affaires en 2009, 350 l’année suivante, et environ 500 en 2011 », explique Linda Alkalash. Travailleurs agricoles qui n’ont jamais un jour de repos, ouvriers d’usines reclus dans des ateliers sales et sans chauffage, petites bonnes battues par leur patronne ou violées par son mari… la liste est accablante.Tamkeen ouvre des comptes en banque pour ces travailleurs migrants, afin d’y faire verser leurs salaires, et mène des procédures légales pour obtenir réparation, quand ils ont été victimes d’abus. Au début, l’association ne comptait que des arabophones, mais en grandissant, elle a recruté des traducteurs : elle emploie aujourd’hui 12 personnes, dont 6 juristes, qui ont fait évoluer la jurisprudence en Jordanie. Ainsi, « nous avons réussi à faire payer des heures supplémentaires à des bonnes dont les horaires étaient excessifs ». Autre succès, un employeur a été condamné à six mois de prison ferme pour avoir confisqué le passeport de sa salariée.par NATHALIE LACUBEContact : www.tamkeen-jo.org

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