Cet été-là, en regardant "Gandhi" le biopic de Richard Attenborough, le futur activiste écologiste de 27 ans, découvre le combat non violent du Mahatma dans l’Inde coloniale. Il dévore les écrits de Henry David Thoreau, de Martin Luther King et de Jean-Marie Muller et décide de s'en inspirer pour défendre la planète.

Manifestation de l'ANV Cop 21 et Greenpeace sur le parvis de la Défense
Manifestation de l'ANV Cop 21 et Greenpeace sur le parvis de la Défense © AFP / DENIS MEYER / HANS LUCAS

La découverte de la non-violence 

« Grâce au film Gandhi je comprends la logique de la non-violence. Le Mahatma y mène alors un combat actif contre les mécanismes d’oppression et de domination. La conscience y occupe une place essentielle : il faut agir en conscience – la force de l’âme - et atteindre celle de ses adversaires grâce à la non-violence. Il existe une méprise sur ce terme : cela ne signifie pas seulement l’absence de violence et surtout pas un sacrifice. »

Peu de temps après, Le jeune homme décide d’adhérer à Greenpeace. « A l’époque j’étais un citadin et je supportais de moins en moins la ville, j’avais du mal à canaliser ce malaise. Je voulais m’impliquer. C’est le début de mon engagement ». 

Il participe à de nombreuses actions contre l’industrie de l’atome comme des blocages de trains transportant des déchets nucléaires. En 2013, il fait partie du commando qui à l’aube s’introduit - avec de simples échelles – dans la centrale nucléaire de Tricastin à 50 km au nord d’Avignon. « Les 19 sites nucléaires français ne sont pas aussi bien protégés qu’ils devraient l’être ». Le jeune homme bloque aussi des grues qui déchargent des arbres en provenance de forêts primaires, et déverse du charbon devant le ministère de l’environnement. 

Dans l’Etat de l’Alberta au Canada : « d’immenses cratères lunaires et des paysages de fin du monde. Une planète morte » 

Gisements de pétrole canadiens dans la province d'Alberta
Gisements de pétrole canadiens dans la province d'Alberta © Getty / The Washington Post / Contributeur

En 2009, il participe à l’action de Greenpeace au cœur de l’industrie pétrolière de l’Ouest canadien pour dénoncer les ravages perpétrés par l’exploitation des sables bitumineux : déforestation, destruction des paysages, pollution de la nappe phréatique et empoisonnement de toute la chaîne du vivant. Et encore plus grave : une industrie qui est la plus émettrice de gaz à effet de serre. 

« Une action non-violente comporte aussi des éléments de conflit : désobéir à la loi et créer des clivages »

Jon Palais s’initie aussi à la désobéissance civile. Son principe ? Mener des actions illégales, non pas pour rejeter le principe de la loi, mais au contraire pour demander que la loi soit plus juste. En 2013, il participe à Bayonne à la création d’Alternatiba « un mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale ». Idem fin 2015 avec la création d’ANV COP21 (Action Non Violente COP21) lors de la tenue  à Paris de la 21ème Conférence internationale sur le Climat. Mais l’action fondatrice du mouvement se déroulera à Pau en avril 2016 durant un congrès des grands pétroliers (Shell, Exon, BP, Total) qui souhaitent mutualiser leurs moyens et continuer à extraire le pétrole à moindre coût dans les zones les plus difficiles d’accès (en eau profonde par exemple). En totale contradiction avec les principes édictés en fanfare quatre mois plus tôt...

En 2017, les deux mouvements participent aux opérations « faucheurs de chaises » dans des agences bancaires pour dénoncer l’évasion fiscale. En 2019, ils sont aussi parmi les "décrocheurs des portraits" du président Macron dans les mairies. Le 28 mai 2019, six militants ont comparu au tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse pour « vol en réunion et par ruse ».

Pour aller + loin : 

Jon Palais est l'un des porte-parole d'Alternatiba et d'ANV-COP21 ; il est aussi membre de  Bizi 

Les livres de Jean-Marie Muller

La play-list de l'émission : 

  • Ta douleur, Camille, 2005
  • Say it loud (I'm black and I'm proud), James Brown, 1968
  • Flor do sonho, Saulo Duarte, 2019

Les références du générique de l'émission : 

"Le Temps est bon" d’Isabelle Pierre, remixé par Degiheugi

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