La violoncelliste Astrig Siranossian vient de fêter son 32ème anniversaire et la sortie de son nouveau disque, 'Dear Mademoiselle', qui rend hommage à l'immense musicienne et pédagogue qu'était Nadia Boulanger. Elle se souvient pour Zoé Varier du jour où elle a donné son premier concert... à l'âge de cinq ans.

'Dear Mademoiselle - A Tribute to Nadia Boulanger', dernier disque d'Astrig Siranossian, a paru sur le label Alpha
'Dear Mademoiselle - A Tribute to Nadia Boulanger', dernier disque d'Astrig Siranossian, a paru sur le label Alpha © Bernard Martinez

Astrig Siranossian est violoncelliste. Avec le pianiste Nathanaël Gouin (et Daniel Barenboim sur un morceau), elle vient de publier, sur le label Alpha, « Dear Mademoiselle » - A Tribute to Nadia Boulanger. Ce disque rend hommage à la grande pédagogue qu'était Nadia Boulanger, en proposant des pièces composées par ceux qui ont fait partie de ces illustres élèves, de Michel Legrand à Quincy Jones, en passant par Philip Glass et Elliott Carter, mais également les trois pièces pour violoncelle et piano écrites par Nadia Boulanger en 1915.

Mais avant de se découvrir une passion pour Nadia Boulanger, Astrig Siranossian, 32 ans en 2020, jouait déjà du violoncelle depuis longtemps. Pour dire toute la vérité, la jeune femme joue du violoncelle depuis sa plus tendre enfance. Elle confie d'ailleurs n'avoir aucun souvenir de sa jeunesse sans instrument.

J'ai vraiment l'impression d'avoir grandi avec mon violoncelle : mon archer dans la main droite, l'instrument dans la main gauche et le tout sur le dos quand je ne suis pas assise en train d'en jouer.

Cinq ans, Vivaldi et le public

Ainsi, Astrig Siranossian a choisi pour « journée particulière » un jour du mois d'octobre 1994, où, alors qu'elle était âgée de cinq ans seulement, elle a donné son premier concert de violoncelle devant un public. La jeune femme avait commencé à apprendre le violon à l'âge de deux ans, puis avait bifurqué vers le violoncelle. Elle avait donc « déjà » quelques années de pratique derrière elle lorsqu'elle a entamé les premières notes du Concerto numéro 5 pour violoncelle de Vivaldi.

Astrig Siranossian a commencé à apprendre la musique à l'âge de deux ans
Astrig Siranossian a commencé à apprendre la musique à l'âge de deux ans / DR

Tout ce que j'ai continué à faire et que je continue à faire depuis est une extension de cette journée. Ce sentiment de monter sur scène et d'interpréter une œuvre que j'adorais, c'était indescriptible.

De cette première expérience alors qu'elle était très jeune, la violoncelliste tire une grande force : celle de ne jamais avoir eu, depuis lors, le trac avant de monter sur scène. Son père était directeur d'un conservatoire, pianiste et chef d'orchestre, tandis que sa mère travaillait dans le vin. 

La rencontre avec Nadia Boulanger

Astrig Siranossian a choisi de rendre hommage à Nadia Boulanger dans son dernier disque. Elle a choisi de l'intituler « Dear Mademoiselle » car c'est ainsi que la musicienne se faisait appeler par son entourage, venu du monde entier. Astrig Siranossian, pour sa part, a eu accès à la correspondance de Nadia Boulanger, dans laquelle ce surnom apparaît également à de multiples reprises.

C'était une vraie fierté pour elle, d'être une « mademoiselle ». Elle était la grande dame de la musique.

En découvrant la personnalité et l'œuvre de la pédagogue, Astrig Siranossian a été sidérée et fascinée par la diversité des profils des musiciens qui ont bénéficié de l'enseignement musical de Nadia Boulanger.

J'ai trouvé génial de mettre sur disque toute cette richesse du vingtième siècle.

En effet, la pensée musicale de Nadia Boulanger a irrigué tout le vingtième siècle. De 1904 jusqu’à sa mort, en 1979, à l’âge de 92 ans, elle a inspiré et formé à la composition des générations de musiciens. La force de son enseignement reposait notamment sur le fait qu'elle ne voulait pas donner son inspiration en modèle. Elle préférait laisser ses élèves libres d’écrire comme ils l’entendaient. Elle était par ailleurs très sévère vis-à-vis d'elle-même et la plupart de ses élèves ignorait qu'elle était compositrice elle-même.

Tendresse

Michel Legrand disait d'elle qu'elle savait tout. Ils ont entretenu une correspondance assidue qu'Astrig Siranossian a pu consulter pour préparer son disque. Dans une des lettres que Michel Legrand adresse à Nadia Boulanger et que la violoncelliste a fait le plaisir à Zoé Varier de lire à l'antenne, on trouve ces mots : 

Il n'est point de mot de remerciements. Seulement, peut-être, que la vie est bouleversante avec ceux que l'on aime. Je vous embrasse tendrement.

La programmation musicale du jour

  • Nadia Boulanger (compositrice) - Astrig Siranossian (violoncelle) et Daniel Barenboim (piano), "3 pièces pour violoncelle et piano - Pièce numéro un en mi bémol mineur", 2020
  • Michael Jackson, "Don't Stop 'Til You Get Enough", 1979
  • Lana Del Rey, "Let Me Love You Like A Woman", 2020
  • un extrait de : Quincy Jones (compositeur) - Astrig Siranossian (violoncelle) et Nathanaël Gouin, "Soul Bossa Nova", 2020
  • un extrait de : Astor Piazzolla (composition et bandonéon), "María de Buenos Aires - Partie 1, scène 5 : Fuga Y Misterio", sous la direction d'Horacio Ferrer

Pour aller plus loin

Visiter le site d'Astrig Siranossian

Le générique de l’émission

Isabelle Pierre, "Le temps est bon" (1971), remixé par Degiheugi, 2012

Les invités
Programmation musicale
  • GORILLAZMODULE ALBUM 2020 LONG "Strange timez feat. Robert Smith" "The valley of the pagans feat. Beck" OK
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