Ce jour-là à New York, l’ancienne étudiante en médecine devenue journaliste, suit un enseignement rabbinique sur l’histoire d’Abraham appelé par Dieu à tout quitter. Le récit d’une rupture et d’une continuité qui résonne avec sa propre histoire et la convint de prendre un nouveau chemin.

Delphine Horvilleur, rabbin
Delphine Horvilleur, rabbin © JF Paga

J’assiste au cours du rabbin Norman Cohen sur ce texte très connu de la Genèse, lu et entendu de mille manières, mais ce jour-là, j’ai vécu son explication comme un moment mystique.

Elle comprend que l’appel d’Abraham auquel Dieu dit de quitter son pays - Ur en Chaldée - pour rejoindre une autre terre - le pays de Canaan- est à la fois une rupture mais aussi une continuité : en prenant la route, Abraham reproduit ce que son père Térah avait fait avant lui. 

Ce texte m'a permis d’envisager le rabbinat : une rupture en tant que femme mais une continuation par rapport à ma propre histoire familiale. 

En France, « je ressentais un décalage entre le milieu familial très ouvert où j’ai grandi et le monde religieux traditionnel de la synagogue»

Elle part en Israël à la fin de la décennie 90 pour y étudier la médecine, puis change de voie et devient journaliste. Dans son parcours de vie Delphine Horvilleur fait des virages et trace un chemin sinueux. "Un égarement nécessaire, selon elle,  pour trouver sa voie et ne pas se laisser enfermer dans une identité" 

Au début des années 2000, elle s’envole pour New-York et débute des études rabbiniques. Elle découvre des synagogues d’une grande ouverture d’esprit comparé à ce qui se pratique en France : un accueil d’artistes en résidence, des assemblées ou les deux sexes se retrouvent sur les mêmes bancs, et surtout des femmes rabbins. « Le jour de mon ordination, on était 18 rabbins, autant d’hommes que de femmes ». 

De retour en France, Delphine Horvilleur rejoint le Mouvement libéral juif de France, encore très minoritaire, et, en 2008, est nommé rabbin de la synagogue de Beaugrenelle dans le XVe arrondissement de Paris. 

L’enseignement et la transmission : la passion du rabbin Delphine Horvilleur

Le rabbin est un pasteur, reconnu par la communauté pour son érudition. Il fait la jonction entre le texte et l’humain. C’est un traducteur

En tant que rabbin, Delphine Horvilleur insiste sur l’importance du dialogue interreligieux : "le plus difficile c’est d’accepter de ne pas comprendre l’autre 

La transmission est un équilibre subtil entre la mémoire et l’amnésie 

Pour aller + loin : 

Les livres de Delphine Horvilleur

Elle est directrice de la rédaction de la revue trimestrielle Tenou'a (Mouvement en hébreu)

Le site du Mouvement juif libéral de France auquel appartient Delphine Horvilleur, c'est ici 

La play-list de l'émission : 

  • Don't know why, Norah Jones (2002) 
  • Papaoutai, Stromae (2013) 
  • In your face, Cat Power (2018) 

Les références du générique de l'émission: _Le Temps est bon_d’Isabelle Pierre remixé par Degiheugi

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